Les islamistes continuent à s’en prendre à certains événements, ou fêtes, qu’ils considèrent étrangers aux us et coutumes locales. Ainsi, après le «réveillon», c’est la «Saint Valentin» qui est la cible de leurs attaques. Le quotidien arabophone Echourouk a consacré presque deux pages aux anti-Saint Valentin dans son édition  d’aujourd’hui.

Le journal a fait intervenir, dans un des articles, le président du syndicat des imams, Hedjimi Djelloul, qui a estimé que cette fête de l’amour «a été importée de l’étranger et qu’elle est étrangère à la société musulmane». Celui-ci a profité de l’occasion qui lui est présenté pour lancer un appel aux jeunes afin qu’ils s’ «attachent à leur culture et racines».

Hedjimi a ajouté que dans la religion musulmane il n’y a que des fêtes bien précises en lien avec la religion en elle-même. Toutes autres fêtes est donc malvenues. Le leader du parti «Sahoua», d’obédience salafiste, Abdelfatah Hamadache, a tenté, lui, de s’adonner à une explication historique pour définir l’origine de la «Saint Valentin» qui, affirme-t-il, a été «interdite par l’église catholique en 1996», en raison de la symbolique actuelle de cette fête qui rime avec «dépravation».«Pourquoi nous les musulmans on fête cette journée alors que les chrétiens l’ont interdites», dit-il.

Pour Hamadache l’amour ne peut exister qu’entre mari et femme. Il demande donc aux jeunes de se marier et de s’éloigner de ces fêtes. Le journal, qui relève qu’ «heureusement» la «Saint Valentin» de cette année a coïncidé avec le vendredi, une journée durant laquelle habituellement l’activité commerciale est au point zéro, a indiqué que plusieurs commerçants qui ont ouvert durant la matinée, notamment les salafistes, ont refusé de vendre des articles en relation avec cette journée, comme les chocolats, fleurs ou autres. Toute personne qui rentre au magasin pour acheter un «cadeau» est «priée» de quitter les lieux. La fête de l’amour pour certains algériens est«Haram», on l’aura compris. Et l’amour qu’en pensent-ils ?

Elyas Nour