Torse nu, en compagnie d’une femme portant à peine une nuisette, l’Inspecteur Tahar à l’intérieur d’une chambre d’hôtel de Sidi Fredj avec une touriste étrangère au charme irrésistible, « l’apprenti » qui passe une agréable nuit d’amour avec une autre fille dans sa chambre avant que l’inspecteur ne vienne lui demander d’aller chercher son pistolet pour se rendre, plus tard, dans un cabaret, ces scènes osées ont bel et bien été tournées en Algérie.

Oui, en Algérie, mais ce n’était pas l’Algérie de 2015. Non, c’était l’Algérie des années 70. A cette époque-là, à la sortie du célèbre film Les Vacances de l’Inspecteur Tahar, l’Algérie pouvait regarder ces scènes qui cassent les tabous, brisent certains interdits et abordent, sans que nul ne crie au scandale, des sujets liés à l’amour et à la sexualité.  Sorti en 1972, ce film réalisé par Moussa Haddad est devenu, quelques années plus tard, un classique du cinéma algérien. Des générations entières ont vu ce film qui a provoqué des fous rires légendaires chez les algériens de différentes  couches sociales. Il faut dire que durant les années 70 et 80, les Algériens ne connaissaient pas le conservatisme d’aujourd’hui. Un conservatisme qui a fait en sorte que ces scènes du film de l’Inspecteur Tahar ont été censurées ! Et il n’y a que sur Youtube et Internet où il est encore possible de retrouver les versions complètes et originales de ces films. L’ENTV ne diffuse plus ces scènes jugées « attentatoires » aux bonnes mœurs de notre société, par les gardiens du temple moral.

Au final, ces scènes et ces films témoignent du changement radical de la société algérienne. L’Algérie sans complexe des années 70 et 80 a-t-elle alors cédé définitivement sa place à l’Algérie pudibonde et renfermée sur elle-même des années 2000 ?

https://www.youtube.com/watch?v=kC3Dib37RHY

https://www.youtube.com/watch?v=ZPnAdzQwfGc