chavez_bouteflika_32512 Le président vénézuélien, Hugo Chavez en visite de travail en Algérie depuis mercredi a proposé au président de la République Abdelaziz Bouteflika un partenariat entre les compagnies de son pays et le groupe pétrolier national, Sonatrach. «J’ai proposé au président Bouteflika de faire en sorte que la société algérienne des hydrocarbures (Sonatrach) participe à la production de pétrole avec son homologue du Venezuela», a-t-il précisé. M. Chavez espère notamment voire la Sonatrach contribuer dans l’exploitation des sables bitumineux dans le bassin de l’Orénoque. La Sonatrach pourrait donc rejoindre les entreprises énergétiques d’État, notamment StatoilHydro ASA (Norvège), Petropars (l’Iran) et la China National Petroleum Corp qui sont déjà à pied d’œuvre dans l’Orénoque, où l’on a recensé un énorme potentiel.

La volonté du chef de l’Etat de développer la coopération dans le secteur de pétrolier ne s’arrête pas là puisque M. Chavez a également suggéré de mélanger le brut algérien qui est léger avec le brut vénézuélien pour obtenir des mélanges susceptibles d’être plus compétitif sur le marché international. Le président Chavez a également évoqué la possibilité de transporter en Algérie du GNL vénézuélien avant d’être acheminé en Europe. Les deux présidents ont discuté sur «la possibilité de créer un fonds d’investissement pour encourager des projets mixtes dans les secteurs de l’agriculture, du commerce, de l’habitat, de la pêche, du transport maritime et du tourisme». Le président sud américain a indiqué à l’issue d’une rencontre avec le président Bouteflika que son pays veut «renforcer les liens économiques, commerciaux, énergétiques et technologiques et les élever au niveau de nos excellentes relations politiques».

Des relations au beau fixe

Le Venezuela a toujours été un allié important de l’Algérie. D’ailleurs, de nombreux observateurs assurent que le président Chavez, considéré comme étant le digne défenseur des pays du Sud, a été à l’origine des amendements apportés à la très controversée loi sur les hydrocarbures algérienne. Il avait en effet effectué une visite en Algérie juste après l’adoption de ce texte révolutionnaire qui allait fait la part belle aux compagnies pétrolières étrangères avant que le gouvernement ne décide d’apporter des changements pour favoriser la Sonatrach.

Le président vénézuélien jouit par ailleurs d’une grande popularité au sein des Algériens qui ont apprécié sa position en faveur de la Palestine dans le conflit au Moyen-Orient. Chavez a, également, indiqué que les discussions ont été aussi l’occasion d’évoquer le sommet Afrique-Amérique du Sud prévu dans l’île vénézuélienne de Margarita à la fin du mois de septembre. «Nous sommes d’accord pour que ce sommet ne soit pas simplement un sommet de plus où l’on prononce des discours et où l’on signe des documents préparés à l’avance qui n’ont aucun impact sur la réalité de nos peuples», a-t-il affirmé. «Nous voulons que cela change. M. Bouteflika, qui a beaucoup d’expérience, nous a fait des suggestions concernant la méthodologie à suivre lors de ce sommet qui réunira une trentaine de chefs d’Etat», a-t-il ajouté. «Nous voulons des résultats concrets à moyen terme, avec un plan de travail pour les deux prochaines années», a-t-il poursuivi. S’agissant des thèmes qui seront débattus lors de ce sommet, le président Chavez a cité notamment «la question stratégique du rapprochement» entre l’Union africaine et l’Union sud américaine (Unasur), la sécurité alimentaire, la disponibilité des médicaments, la crise énergétique, le problème financier et «comment assurer les ressources nécessaires pour le développement de nos peuples». La visite de M. Chavez en Algérie est la quatrième du chef d’Etat vénézuélien, qui s’était déjà rendu à Alger en août 2000, en octobre 2001 et en mai 2006. Elle s’inscrit dans le cadre d’une tournée dans six pays destinée à démontrer «le prestige de la révolution bolivarienne». Le président vénézuélien a commencé son périple lundi par la Libye, où il a assisté au sommet de l’Union africaine (UA) et aux célébrations du 40e anniversaire de l’accession au pouvoir du leader libyen Mouammar Kadhafi. Après Alger, M. Chavez doit se rendre en Syrie, en Iran, au Belarus et en Russie.

Y.I.
Avec Le Financier

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