Chronique HEBDO. Et BHL a ouvert sa gueule

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Par Saâd Doussi

Ouyahia, notre chef de gouvernement, le Premier de nos ministres, a parlé, s’épanchant sur les colonnes du Monde sur une partie du monde qui se trouve juste sous nos fenêtres.

Derrière la maison Algérie et qui donne sur le néant. Les enfants n’ont pas le droit d’aller y jouer parce que sous le sable, là-bas, on ne trouve pas des pelles et des râteaux comme jouets mais des mines anti personnelles semées au vent et des bazars improbables où l’on vend kalachnikovs et fusils mitrailleurs. Ouyahia a parlé, et comme pour ne pas changer les règles du jeu, il s’est adressé à un média français, histoire de faire un peu comme le Président. Il a parlé du Sahel, du Mali et des Touaregs affirmant qu’Alger ne tolérera jamais un État tergui à ses portes du Sud. La raison est simple et découle d’un bon sens d’anticipation préventive.

En effet, si l’envie, et ce n’est pas ce qui manque chez nos voisins, d’instaurer une capitale terguie à un pas de chameau de la frontière algérienne, qui plus est avec une présence surarmée des affidés d’AQMI, « Ançar dine », la suite n’échapperait tout simplement pas à l’effet immuable du domino. L’Algérie qui partage le désert avec ses voisins, a en plus les hommes bleus en commun.

Les Touaregs, une grande nation navigue sur toute l’étendue désertique de la région, parents et alliés disséminés à travers l’histoire, le temps et les territoires. Si d’aventure, un État tergui était officiellement proclamé, les terguis « algériens » qui sont un peu nos kurdes à nous, ne tarderont pas à revendiquer une appartenance somme toute légitime, à leur État.

Un début d’irakisation qui mettra à mal l’Algérie, attaquée de toutes parts, et une occasion en or pour les chantres de la division pour appeler à une intervention étrangère. Cette hypothèse est aussi crainte en Kabylie mais là-bas, il y a les montagnes et l’armée qui encercle toute une région sous prétexte d’éradiquer un terrorisme, résiduel seulement dans les forêts kabyles.

Le problème avec le Sud, c’est que c’est ouvert aux quatre vents et pour encercler la région c’est la fantomatique quatrième armée du monde de Saddam qu’il faut. Car ne l’oublions pas, l’Algérie, après la chute de la Libye, la salafisation de l’Egypte et de la Tunisie et la guerre civile en Syrie, est toujours en ligne de mire des francs-tireurs nostalgiques de l’Algérie française. Le dernier en date n’est autre que le sauveur de l’humanité, le grand philosophe, défenseur de la veuve et de l’orphelin, champion du PAF français et grand ami du président de la république française.

Trois initiales qui font trembler les oppresseurs et rendre l’espoir aux peuples spoliés de leur liberté. Une chemise blanche à l’image de sa conscience et un altruisme béatifiant, Berner Henry Levy est la nouvelle coqueluche des pays arabes. Celui qui a tiré la première balle sur le cadavre ambulant de Kadhafi pour laisser ensuite la Libye se noyer dans un bain de sang, s’est souvenu de notre existence, nous pauvres Algériens, et nous a honoré de ses paroles. Alléluia, BHL a dirigé ses lumières célestes sur nos tombes pour nous rappeler notre petitesse et nous raconter notre histoire confisquée, travestie par les colonisateurs arabo-musulmans. Que la gloire de Dieu soit ! BHL a dit ses vérités comme il a compté les morts de Benghazi que lui seul, dans son infinie sagesse, a vu.

BHL s’est penché sur notre cas comme le ferait une mère pour son enfant en affirmant, dans un colloque qui a eu lieu à Marseille « La guerre d’Algérie…cinquante après » que « l’Algérie n’est pas un pays arabe ni islamique mais un pays juif et français, sur un plan culturel ». Voilà qui est dit ! Pour ceux qui avaient encore un petit doute sur leur origine et sur leur religion, BHL nous a éclairés en déclarant solennellement que nous sommes des descendants de Gaulois et que nous avons offert Jésus-Aïssa à Ponce Pilate. Culturellement s’entend.

Nous parlons français et nous aimons Enrico Macias, ce qui est suffisant aux yeux du grand BHL pour nous classifier. Merci à lui. Et il ne s’arrête pas là, notre BHL bien aimé, il nous annonce, tout aussi sentencieusement que « l’Algérie connaîtra elle aussi un printemps arabe ».  Re-Alléluia, BHL, en deux temps, trois mouvements et quatre clignements d’yeux, a évoqué notre passé et notre avenir. Un vrai tour de prestidigitateur digne des plus grands.

Notre avenir aura la douceur du printemps, la voix arabe et la couleur du sang. Car pour BHL ou ses semblables, ils n’auront de cesse d’œuvrer jusqu’à ce que les pays arabes, et principalement l’Algérie, ne se saucissonnent en s’écartelant dans de petits États à se faire la guerre entre eux. Vrai sioniste et faux intellectuel, BHL a toujours brandi son sionisme haut dans le ciel hypocrite de la France de Sarkozy pour dire tout le bien qu’il pensait des Arabes et de l’Islam. Que Dieu, le nôtre, fasse qu’il se taise à jamais.    

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