Marina Palme est une plage privée aménagée exclusivement pour la gente féminine sous prétexte de fuir la goujaterie d’une société qui tend à devenir de plus en plus indélicate. Mais est-ce vraiment la solution ?

Le club Marina Palme situé  à Borj El Bahri, à l’est de la capitale, est l’une des propriétés du milliardaire algérien Réda Bourayou qui a décidé d’en faire un espace de loisir totalement réservé aux femmes. Pour l’homme d’affaires, cet espace a été aménagé pour que les femmes se sentent à l’aise, loin de l’indiscrétion et de l’atmosphère malsaine qui caractérise les plages algériennes.

Inspiré du modèle émirati, le projet Marina Palme se dit conforme au code de conduite et aux mœurs de la société algérienne. Un havre de paix qui cache une toute autre réalité, celle de l’invasion culturelle, du conformisme et de la soumission à un modèle culturel et social aux antipodes de ce qu’est le modèle algérien.

Mille dinars, tel est le prix a payé pour profiter d’une baignade en toute insouciance. Ça peut paraître positif pour certains alors que la réalité sociologique démontre le contraire. Ce qui est révoltant dans ce petit microcosme, profitant de la bienveillance d’une certaine presse totalement acquise au modèle wahhabite, qui, à défaut de prôner une société civilisée, déconstruit les liens sociaux et les réduit à leur aspect le plus pervers.

Est-il nécessaire de se barricader dans des forteresses pour profiter d’un moment de détente? Certainement pas. Mais cela constitue une aubaine pour les milliardaires de tout bord, drapés de conservatisme, qui profitent de la décadence générale pour donner l’illusion aux Algériens que des alternatives ségrégationnistes sont la solution.

Massi M.

            

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