Deux erreurs reviennent le plus souvent dans différents discours sur la drogue. On insiste le plus souvent sur la nature du produit et de son illégalité.

Pour les sociologues, le produit en lui même est secondaire. Ce qui est à l’origine de la toxicomanie n’est pas tant le produit absorbé mais les motivations qui poussent à le consommer. On peut prendre la drogue pour des raisons multiples. Certaines raisons conduisent plus que d’autres vers la toxicomanie. Il faut donc faire différence entre usager de drogue et toxicomane.

L’usager consomme de temps en temps dans des circonstances de convivialité, pour le plaisir et à une période de la vie. Ils ont consommé un jour par curiosité, ou par pression du groupe d’amis.

La grande majorité de ces jeunes après un usage occasionnel abandonnent très vite parce qu’ils sont conscients du danger d’addiction.
Pour de nombreux jeunes, le hach remplace l’alcool. Il offre des avantages. D’abord , le Hach n’est pas explicitement Haram et sa consommation peut passer inaperçue Ce n’est qu’une cigarette avec un produit dedans.

Là, le risque est grand et par la force de l’habitude , le plaisir devient besoin. Le corps commece à réclamer et on devient accro sans s’en rendre compte par ignorance des dangers du produit

Quand la drogue est utilisée pour se sentir mieux dans sa peau, pour vaincre sa timidité, elle devient un remède trompeur. Là, on est très prés de la toxicomanie

Le toxicomane prend de la drogue pour fuir une réalité quotidienne insupportable à cause de problèmes sociaux ou relationnels ou les deux à la fois. Elle peut être une forme d’autodestruction. « Je brûle mon cœur . rani nahrag Galbi).

On prends la drogue pour avoir du courage, se sentir fort et commettre des actes de vol et d’agression ? Les jeunes parlent de Madame courage ( Psychotrope)

Quand on est en chômage, sans projet de vie. Quand on trouve rien à faire et n’avoir comme espace de sociabilité obligé que le coin de rue ou le hait (mur) , la drogue devient un moyen d’évasion, un médiateur social.

Abdelkrim Aouari, sociologue et cherche associé au Gras

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