La décision des pouvoirs publics de cesser la concession des plages est, certes, louable dans le principe. Mais, prise dans la précipitation et sans évaluation de son impact, elle s’est avérée truffée d’effets pervers. En effet, de très nombreuses familles qui tiraient leur subsistance de cette activité se sont retrouvées, du jour au lendemain, sur le carreau.  A Staouéli, à l’ouest d’Alger, des jeunes? profitant de la présence du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh dans la localité, ont bruyamment manifesté leur mécontentement. Et comme souvent dans ces cas-là, la répression était au rendez-vous. 

Le procureur de la République près le tribunal de Chéraga, dans la wilaya d’Alger, a requis hier mardi, une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende de 50 000 DA à l’encontre des cinq jeunes hommes poursuivis pour « atteinte à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions » (le wali d’Alger en l’occurrence, NDLR) et « destruction de biens d’autrui », suite aux escarmouches ayant émaillé la visite d’inspection effectuée jeudi dernier par M. Abdelkader Zoukh à la plage dite ‘Cariot’ de Sidi Fredj, dans la commune de Staouéli. Le verdict a été mis en délibéré au mardi prochain.

Au cours de leurs plaidoiries, les avocats des prévenus ont plaidé un non-lieu en faveur de leurs clients, à en croire l’un d’entre eux. « Ces accusations sont infondées. Il n’y a ni témoin, ni vidéo, ni aucune autre preuve à même de démontrer les faits qui leurs sont reprochés. D’autant plus, qu’il y avaient ce jour-là plus d’une centaines de personnes sur les lieux. Comment a-t-on pu identifier ces cinq jeunes hommes parmi toute la foule comme étant les auteurs présumés des faits qui leurs sont reprochés? », défend l’un des avocats, contacté ce mercredi 13 mai.

Le frère de l’un des prévenus, joint lui aussi par téléphone, abonde dans le même sens. « Il n’y a pas eu de casse, ni d’insultes d’ailleurs. Quelques jeunes désœuvrés qui ont l’habitude d’exploiter des petits commerces sur cette plage chaque été ont interpellé le wali quant à leur sort suite à sa décision d’interdire ce genre d’activités. Il y avait des caméras de télévision sur place, pourquoi n’y a-t-il donc pas des vidéos prouvant les accusations portées à leurs encontre? », dit-il, avant de s’indigner : « Mon frère et ses quatre co-détenus ont été arrêtés jeudi. Ils ont été gardés à la brigade de Gendarmerie de Sidi Fredj jusqu’à dimanche, jour de leur présentation devant le procureur. C’est injuste. » Et d’ajouter: « Ils (les décideurs) nous ont privés de tout. Et maintenant ils veulent priver des jeunes de 20 ans de leur liberté. Qu’ils prennent tout et qu’ils nous laissent tranquilles. »

Pour rappel, cette affaire remonte à jeudi dernier, à l’occasion de la visite d’inspection effectuée jeudi dernier au niveau de ladite plage par le wali d’Alger, M. Abdelkader Zoukh, qui a été approché par des jeunes qui lui ont demandé de renoncer aux mesures prises pour « lutter contre le squat des plages » pour qu’ils ne se retrouveraient pas au chômage et sans aucun revenu.