Par Nassim Brahimi

Le mois de janvier a été pour le moins mouvementé en Algérie. Sur la scène politique, on a assisté à des démissions en cascades des vestiges du système. Des démissions qui jettent leur discrédit sur une présidentielle déjà en panne d’alibis, de programmes et même de lièvres dignes de ce nom. N’empêche qu’on a eu droit, et c’est une première, à des démissions en politique, au lieu des indéchiffrables «appelé à d’autres fonctions» que nul ne peut déterminer.

Ce début 2009 a été aussi marqué par l’entrée en scène tant attendue des comités de soutien en tout genre. Ca y est, ils arrivent et ce n’est vraiment pas bon signe. Jusqu’au mois d’avril, ils vont nous empester le paysage par des sorties à la limite de la connerie pour vendre leur marché idéologique que même eux ne cautionnent pas, mais dont les retombées en valent la peine d’être ridicule. La première intervention de ce genre émane, non sans l’odeur de l’orchestration, de quelque 1,75 million (c’est très précis) de «jeunes» accordant leur chèque à blanc à un candidat qui ne s’est pas encore porté candidat, ni même insinué le vouloir. Le reste n’est que de la cosmétique à deux sous, avec des appels à la candidature formulés par les patrons, les syndicats, la société civile, les écoliers, les ministres, les riches, les pauvres, les vieux, les détenus, les Gazaouis, Obama, Sarkozy, le Dallai Lama… Enfin, vous connaissait la suite.

Tout va bien dans les meilleurs des mondes, l’Algérie s’est mise d’accord pour l’être en avril. Pourquoi s’en déplaire alors, après tout, l’Algérie est une démocratie et les Algériens ont fait leur choix. Et bien, on s’en déplait parce que quelqu’un a dit un jour que le pays où tout le monde est d’accord est un pays qui manque cruellement de liberté.

On s’en déplait parce que le système sait très bien que la situation est grave et n’a même pas l’honnêteté de le dire, nous brossant chaque jour un faux-décor qu’il a du mal à entretenir. On s’en déplait et on s’en déplairait encore, aussi longtemps que le choix, l’alternative et la diversité resteront une inconnue pour nous. La démocratie n’a jamais voulu dire consensus. Encore moins s’il est pervers.

N.B pour Algerie Focus

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