Le nouveau procès de Bachir Frik, l’ex-wali d’Oran, devait se tenir ce dimanche 9 juin au Tribunal criminel d’Alger. Il vient d’être reporté au lundi 10 juin. La raison ? L’absence de la défense à l’audience, a constaté une journaliste de l’APS. 

Le procès prévu dimanche constitue la suite de l’affaire qui a impliqué Bachir Frik ainsi que   l’ancien directeur de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) d’Oran et l’ancien directeur de l’Agence foncière de la commune d’Oran. Après cassation en 2007, tous les trois ont été condamné pour « dilapidation de biens publics ».

Les trois accusés, qui devaient comparaître libres ce dimanche devant le tribunal criminel car ayant purgé totalement leurs peines de prison respectives, se sont vus refuser leur demandes de libération par le juge Mohamed Raggad. « Je suis scandalisé par la décision qui vient d’être prise, ce refus de les libérer signifie qu’une fois encore on foule aux pieds les principes élémentaires de la justice au détriment des justiciables », s’est exclamé Me Miloud Brahimi, avocat de l’ancien wali d’Oran, dans une déclaration à la presse.

Il a expliqué que les trois accusés vont passer leur nuit en prison alors qu’ils sont poursuivis pour délit, rappelant que l’ordonnance de prise de corps n’existe que pour les crimes. « On n’a pas tenu compte du changement de la loi datant de 2006 qui considère le détournement de deniers publics comme un délit », a encore précisé l’avocat. Il a ajouté que l’affaire a été renvoyée au lendemain pour permettre au justiciable de mieux organiser sa défense, avec un dossier qui « pèse des quintaux de documents ». Il va être difficile à un avocat de consulter ce « gros dossier » pour plaider l’affaire le lendemain même.

Le premier procès de Bachir Frik s’est déroulé en avril 2005 au Tribunal criminel près la cour d’Alger. L’ancien premier magistrat d’Oran a été condamné à 8 ans de prison ferme et à une amende de 500 000 DA pour «détournement et dilapidation de biens publics». Laoufi Cheikh Tayeb, l’ex-directeur général de l’Agence foncière d’Oran, a écopé de la même peine, tandis que deux autres ex-fonctionnaires de la wilaya ont été condamnés à trois et cinq ans de réclusion. L’ex-wali d’Oran, prônant son innocence tout au long du procès de 2005, avait déclaré : «Je ne suis qu’un bouc émissaire et victime d’une ville connue pour ses luttes de clans». Bachir Frik fait appel de cette décision et deux ans plus tard, en juillet 2007 a lieu le pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême. L’instance prononce une condamnation de 7 ans de prison pour l’ex-wali d’Oran.

Le troisième procès de Bachir Frik devrait débuter ce lundi 10 juin 2013 au Tribunal criminel d’Alger. Il devait normalement se tenir dimanche 9 juin mais a été reporté à cause de l’absence de la défense à l’audience. Ce procès constitue une nouvelle tentative de l’ancien fonctionnaire pour être dédouané des charges qui lui sont reprochées.  «Je n’ai jamais cessé de clamer mon innocence et je ne cesse de me battre pour la révision de mon procès dans le cadre légal de la procédure de cassation», avait-il déclaré avant le procès en appel.

Le scandale de corruption dans lequel est impliqué Bachir Frik a éclaté à la suite d’une enquête menée par les services de sûreté de la wilaya d’Oran en 2001. L’investigation concernait la gestion du foncier, notamment l’attribution obscure de logements et de locaux, entre 1994 et 1997, période pendant laquelle l’homme était le wali de la seconde ville du pays. L’ancien directeur de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) d’Oran et l’ancien directeur de l’Agence foncière de la commune d’Oran sont également mis en cause dans cette affaire.

Article précédentL’eau des toilettes plus propre que les glaçons des fast-foods !
Article suivantMadani Mezrag reconnaît que le FIS était un « mouvement populiste »