La crise qui secoue le FFS ne cesse de s’aggraver. La tempête soulevée par l’exclusion du membre de l’instance présidentielle, Rachid Halet, se poursuit avec une plus grande intensité.

Après le départ de Rachid Halet, exclu pour «travail fractionnaire», c’est autour d’un autre membre important de quitter la maison FFS. Ahmed Betatache, député de Bouira et ancien premier secrétaire national, a claqué la porte de ce parti pour protester contre la «violation des statuts» lors du traitement du dossier Halet. Un membre de la commission de «règlement des conflits», Madani Mahdi, a lui aussi avoué, sur sa page Facebook que les statuts du partis ont été «violés» lors du traitement de la même affaire.

Plus, des correspondances émanant, séparément, du chef du groupe parlementaire, Chaffaâ Bouaiche et du premier secrétaire national, Abdelmelak Bouchafa, décrivent une situation interne exécrable au sein du FFS. Dans un courrier, adressé le 24 octobre, aux membres de l’instance présidentielle du parti, le chef du groupe parlementaire, Chaffaâ Bouaiche, fustige les comportements d’Abdelmalek Bouchafa. Le député de Béjaïa se plaint du fait que le premier secrétaire lui reproche d’avoir envoyé un autre député, en l’occurrence Rachid Chabati, en mission auprès de l’OTAN, dans le cadre d’une mission de parlementaires algériens. Il défend son choix mais dément être derrière l’envoi du sénateur Moussa Tamadartaza en France. Le député pointe du doigt le fait que le premier secrétaire national ne réponde pas à ses rapports sur d’autres cadres du parti. «En ma qualité du chef du groupe parlementaire, je n’ai jamais été associé à aucune activité du parti depuis l’installation de M. Bouchafa à la tête du secrétariat national», écrit-il.

Une accusation réfutée par le concerné. Abdelmalek Bouchafa rappelle, dans ne longue lettre envoyée au comité d’éthique et aux membres de l’instance présidentielle, que «contrairement à ce qu’il prétend, le camarade Chafaâ Bouaiche a été associé, au même titre que tous les autres membres du secrétariat national, à toutes les activités du parti». Le premier secrétaire national du FFS cite même des activités auxquelles le chef du groupe parlementaire n’a pas participé malgré les invitations. Plus grave, Abdelmalek Bouchafa accuse Chaffaâ Bouaïche d’avoir «insulté» des militants. Mais aucune mesure n’est prise à son encontre.

Il est difficile, à l’heure actuelle, de définir l’origine de ces fuites qui s’échangent entre journalistes. Mais il est clair que la guerre larvée que se déclarent les responsables du FFS à tous les niveaux va s’exacerber au fur à mesure qu’on s’approche de l’élection législatives. Pis, les différents responsables se disputent le contrôle du parti à la veille d’un congrès ordinaire qui devrait se tenir, statutairement, en 2017. Deux échéances qui risquent de nous réserver de nouveaux rebondissements.

Essaïd Wakli

 

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