Acculé par les représentants des médias lors de sa dernière sortie médiatique, Amar Ghoul a fini par reconnaître ce qui s’apparente à une évidence : le transport aérien algérien devra être ouvert à la concurrence. Cela signifie, avant tout, la création d’entreprises privées de transport aérien et la fin du monopole d’Air Algérie sur certaines lignes rentables, notamment Alger-Paris et certaines lignes intérieures.

Comme toutes les grandes promesses du gouvernement, l’annonce d’Amar Ghoul n’est pas définie dans le temps. Sa mise en œuvre est donc conditionnée par l’évolution de la gestion des entreprises publiques ; dans ce cas Air Algérie et Tassili Air lignes.

 Sauf que dans cette équation à deux inconnues, Amar Ghoul n’a pas réglé la plus importante de ces inconnues. Il n’a pas dit comment l’Etat comptait faire de ces entités publiques de vraies entreprises performantes, capables de faire face à une concurrence de plus en plus rude. Amar Ghoul n’a pas dit comment il est possible pour une entreprise comme Air Algérie de se développer alors qu’elle continue d’être gérée comme une administration. Cette entreprise, qui dispose de monopole sur certaines lignes, est gérée avec un effectif pléthorique, résultat d’interférences occultes de responsables à différents niveaux de l’Etat. La vérité est que cette « compagnie » est gérée par 10 000 employés, chargés de fonctionner avec 42 avions lors que Royal Air Maroc, qui dispose de 48 avions  a un effectif de 2300 personnes. Mieux, la société marocaine est beaucoup plus performante et efficace.

Amar Ghoul et avec lui le gouvernement sont-ils capables de mettre fin à la gestion clientéliste de toutes ces entreprises publiques ? Est-il capable de réduire l’influence d’employés qui se targuent tous d’être nommés par tel civil ou tel général ? Rien de moins sûr.

Le seul espoir réside peut-être dans cette idée du gouvernement de créer des « groupes industriels » qui remplaceront les actuelles SGP. Mais encore faudrait-il laisser les gestionnaires qui vont être nommés gérer eux-mêmes leur propre entreprise au lieu de les ligoter par d’incessants appels téléphoniques ! Et Air Algérie ne pourra échapper à cette simple règle de bon sens !

Essaïd Wakli

Article précédentRevue de presse. L’art contemporain en Algérie vu par le plasticien Mourad Krinah
Article suivantLe FCE, le patronat algérien étouffe financièrement