Les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient font partie des plus mal-lotis en terme d’emploi. Un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) indique en effet que le taux de chômage des jeunes ayant un niveau scolaire post-secondaire dans la région du Mena est parmi les plus élevés au monde.

Dans la plupart des pays économiquement avancés, les personnes ayant un niveau d’instruction élevé sont moins susceptibles d’être au chômage, mais «cela ne semble pas s’appliquer aux pays d’Afrique du Nord», constate l’OIT.

L’Algérie, mauvais élève

Avec un taux de chômage des jeunes diplômés du tertiaire de 21,4%, l’Algérie est en tête du palmarès, bien au-dessus de l’Egypte (18,9%) et du Maroc (17,4%). Le manque d’emplois pour les  jeunes algériens était déjà de notoriété publique. Des 10% de la population active au chômage, les plus touchés font partie de la frange la moins âgée des travailleurs. Un rapport de 2013 du Conseil national économique et social (CNES) avait indiqué que le chômage était de 22% chez les 16-24 ans, et de 16,1% pour les universitaires pour l’année 2011 en Algérie.

L’OIT impute ce taux de chômage élevé des jeunes diplômés à une inadéquation entre l’offre et la demande des compétences qui est «un problème structurel» de la région selon l’organisation. Dans les établissements post-secondaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, les étudiants ne seraient donc pas formés d’une manière suffisamment « professionnalisante » et en lien avec la réalité du métier qui les attend à la sortie de l’école. Le décalage professionnel et l’inadéquation des compétences «risquent de se perpétuer faute de politiques propices à la requalification des demandeurs d’emploi en collaboration étroite avec le secteur privé», prévient l’OIT.

Les jeunes femmes : premières victimes du chômage

Une autre problématique est soulevée par le rapport de l’Organisation internationale du travail, celle du taux de chômage des jeunes femmes. En Algérie, elles sont 37% à ne pas être employées contre 18% de jeunes hommes. L’Afrique du Nord se place tout de même en moins mauvaise position que le Moyen-Orient puisque le taux de chômage des jeunes femmes y est de 37% contre 42,6%.

La Rédaction avec APS

=> Le rapport de l’OIT dans son intégralité

=> Lire notre dossier sur le chômage des jeunes en Algérie

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