Pour décrire la situation économique du pays, Ahmed Ouyahia affirme une chose et son contraire. Lors de sa conférence de presse, animée samedi, l’ancien premier ministre a mis en garde qui, si d’ici « 5 ans, la situation reste en l’état, il n’y aura plus aucun centime dans les caisses ». En même temps, il tente de d’accréditer l’idée selon laquelle « l’Algérie a une marge de sécurité et n’a pas besoin de recourir à un endettement extérieur ».

Le peuple peut être « rassuré pour les trois ou quatre  ans à venir dans la mesure le pays dispose de près de 160 milliards de dollars  de réserves de changes », a-t-il dit.

Au même temps qu’il tente de rassurer, Ouyahia tire la sonnette d’alarme. Il s’en prend à « l’import import qui gangrène l’économie nationale » et met en garde contre la poursuite des importations à un rythme effréné. « Si nous continuons à importer de cette manière, ce sera la mort », a-t-il indiqué.

Il s’insurge également contre le possible recours à l’endettement extérieur. « Au RND, on aura mal au cœur au cas où cette décision est prise », a-t-il indiqué, en ajoutant qu’«aucun pays n’a donné autant de facilitations aux investisseurs. Mais en Algérie, il y a la corruption et la bureaucratie ». « Viendra le jour où le yaourt ne sera pas le seul produit de luxe », dit-il encore, un tantinet pessimiste.

Par ailleurs, l’ancien Premier ministre a rappelé des « vérités ». Il trouve que les Algériens ne « travaillent pas assez ». « L’agriculteur ne trouve pas de travailleurs. L’investisseur ne trouve pas de travailleurs. Il faut arrêter de mentir aux Algériens. Il faut leur dire qu’ils se doivent maintenant de travailler pour préserver l’avenir du pays », dit-il.

Essaïd Wakli

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