Erasmus est un programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités et les grandes écoles européennes. Lancé en 1987 il n’englobait au début que 11 pays. Son principe : que les étudiants puissent effectuer une partie de leur cursus dans un autre établissement européen de leur choix, et pour une période bien définie.

Une vingtaine d’années plus tard, le programme prend de l’ampleur. Devant le succès d’Erasmus, les européens entreprennent d’en créer une extension aux autres pays du monde appelés pays tiers.

S’inscrivant dans la stratégie de Lisbonne, l’Europe espère par ce programme mondial faire du vieux continent « l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde, ainsi qu’une référence en termes de qualité et d’excellence dans le domaine de l’enseignement l’économie de la connaissance » dit le site internet d’Erasmus mundus (Ersmus monde ).

En 2005 une si grande importance lui est donnée, qu’Erasmus mundus est voté au parlement européen. Une preuve de l’engagement des pays d’Europe envers ce système.

l’Algérie, en un sens, est partie prenante du programme. En effet, deux algériens figurent au classement 2008 des boursiers d’Erasmus diffusé sur leur site officiel, au même titre que le japon ou l’Australie.
Pourtant ce programme est quasiment inconnu chez la communauté estudiantine locale.

Néanmoins, l’Algérie qui a entamé sa cinquième année d’application du système LMD, est un terrain propice au programmes d’échanges. Cette équivalence avec le système pédagogique européen, et son enseignement en français  devrait permettre(sur le papier) aux étudiants algériens de bénéficier d’expériences en Europe tout en harmonie avec leurs cursus respectifs.

Les expériences des universitaires algériens à l’étranger n’en sont pas à leurs débuts, et les résultats montrent bien le réel profit qu’en ont fait les nombreux doctorants reçus dans les universités européennes. Ces facultés occidentales grouillent de diplômés algériens à l’affût de cycles de recherches et d’expériences nouvelles.

Malheureusement, ces « trocs » ont montré aujourd’hui leurs limites. Les candidats au départ sont non seulement issus de filières bien ciblées (médecine, pharmacie et  technologies), peu prisées en Europe, et les jeunes diplômés algériens tendent à s’installer durablement dans leurs pays d’accueil. l’Algérie s’en retrouve dépourvue de ces cerveaux et les conséquences sont visibles dans la sphère économique.

Un Erasmus euro-méditerranéen par principe, changerait la donne. Le choix de l’étudiant serait au centre de l’échange, et les algériens n’en subiraient plus les cotas imposés jusqu’à maintenant. De plus il encouragerait les candidats au retour et leur donnerait la possibilité de profiter de plusieurs expériences différentes.

Seul hic, l’Algérie, comme le reste des pays de la rive sud serait-elle capable d’assurer la réciprocité lorsqu’il sera question de prise en charge d’étudiants étrangers?
le problème se poserait peut être en terme de logistique. L’hébergement, le transport, les bourses et la lenteur des administrations, sont autant de paramètres à mettre eux aussi en harmonie avec les protocoles européens avant de pouvoir appliquer un tel dispositif aussi riche en résultats tant scientifiques que culturels.
Les pays tiers en sont appelés des maintenant à « redoubler » d’efforts pour ne pas être pris de court.

Kh_louna

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