Le méga-projet de l’autoroute est-ouest, dont le coût de réalisation a dépassé officiellement les 11 milliards de dollars, est à nouveau au coeur d’une vive polémique. Mercredi aprés-midi, vers 16 H, un tunnel s’est effondré partiellement au niveau de la localité de Djebel El Ouahch-Zighoud, dans la wilaya de Constantine. 

Selon les informations recueillies par nos soins, un éboulement a provoqué la chute de plusieurs morceaux de béton. Ce qui a occasionné le carambolage de 5 voitures. Fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer, mais les automobilistes ont ressenti une grosse frayeur. Dieu merci, cet incident est survenu un 1er janvier, un jour férié. C’est ce qui explique que le trafic routier au niveau de ce tronçon de l’autoroute est-ouest était faible. Autrement dit, si cet effondrement s’était produit durant la semaine dernière, en pleines vacances scolaires, où de nombreux automobilistes ont emprunté ce tunnel,  une véritable catastrophe humaine aurait pu se produire.

Pour leur part, les autorités publiques ont tenté de minimiser les conséquences de cet effondrement en prétextant qu’il s’agit là « d’un phénomène naturel ». C’est ce que croit savoir, en tout cas, le directeur général de l’Agence nationale des autoroutes(ANA), Mohamed Ziani, d’après lequel la partie endommagée « n’a pas été encore bétonnée ». « Toutes les mesures de protection et de sécurisation contre tout éventuel accident pouvant se produire ont été prises avec le concours des services de la protection civile », a assuré encore ce responsable, dans une déclaration à l’APS, qui n’a montré aucune inquiétude. Et pourtant, il y a vraiment de quoi se poser des questions sur les sempiternels travaux de l’autoroute est-ouest.

Ces travaux dans la région de Constantine et Skikda prennent énormément de retard et les tronçons des régions de l’est du pays se distinguent par d’importantes fissures et des défauts qui suscitent la peur des automobilistes algériens à l’image du tronçon autoroutier Lakhdaria-Bouira, d’une longueur d’une quarantaine de kilomètres, dont les malfaçons ont d’ores et déjà provoqué de nombreux accidents de la circulation.

Aujourd’hui, ce sont les tunnels et leur conformité qui relancent le débat. Le ministre des Travaux en public Farouk Chiali a reconnu officiellement que dans le tunnel où s’est produit l’écroulement, on a constaté  « l’apparition de fissures ». A quoi sont-elles dues ? S’agit-il là encore d’un phènomène naturel ? Pas si sûr.  Les dégâts minimes de cet incident ne doivent donc pas justifier pour autant l’opacité que nous impose sur la gestion et le contrôle des travaux des tronçons et ouvrages de ce méga-projet. Il en va d’abord de la vie des Algériens.

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