Un groupe encore inconnu jusque là revendique l’attentat de jeudi dans lequel trois personnes dont un Américain et une Française ont trouvé la mort.

n groupe inconnu jusqu’ici, « Les Brigades islamiques de la fierté en Egypte », a revendiqué l’attentat qui a fait trois morts jeudi soir au Caire, affirmant qu’il s’agissait d’un attentat suicide, selon un communiqué mis en ligne vendredi 8 avril.
« Nous, Kataëb al-Ezz al-Islamiya fi bilad al-Nil (Brigades islamiques de la fierté en Egypte), sommes entièrement responsables de l’explosion d’Al-Azhar au Caire (…) le jeudi 7 avril 2005 au soir », lit-on dans ce communiqué diffusé sur un site internet islamiste.
« Cette opération martyre a été menée par le frère Aba Al-Alaa Al-Misri, tombé en martyr durant l’opération », ajoute le texte.
L’attentat a été perpétré pour « venger nos frères, des martyrs de l’injustice, et les détenus » et pour prouver au président égyptien Hosni Moubarak qui « parle de (cellules) dormantes, qu’il y a aussi des moudjahidine aux aguets contre lui et ses semblables », ajoute le communiqué.

« Se venger de l’Amérique »

Le texte ajoute que l’attentat permet aussi de « se venger de l’Amérique et de toutes les autres forces coloniales pour nos frères musulmans opprimés qu’ils soient en Irak, en Palestine ou ailleurs en terre d’islam ensanglantée ».
L’attentat, perpétré dans le bazar de Khan al-Khalili, près de la mosquée d’Al-Azhar, a fait trois morts, dont une Française et un Américain, et 18 blessées: 3 Français, 4 Américains, 1 Italien, 1 Turc et 9 Egyptiens, selon les autorités égyptiennes.
Les Frères musulmans et le Mouvement égyptien pour le changement, « Kefaya », ont condamné l’attentat, et les responsables égyptiens ont insisté sur son « caractère isolé ».

Heure d’affluence

Selon des témoins, l’attentat a été commis à l’aide d’une motocyclette piégée qui a explosé devant une parfumerie de la rue Ghoar al-Kaïd, qui borde le marché de Khan al-Khalili, dans le Vieux Caire islamique. L’explosion a eu lieu à 17h45 (15h45 GMT) heure d’affluence sur ce souk particulièrement prisé des touristes et des Egyptiens, situé près d’Al-Azhar, la plus vieille université islamique du monde.
Des centaines de policiers se sont déployés autour du lieu de l’attentat, empêchant tout passage. Curieux et journalistes étaient maintenus à au moins 200 mètres du lieu de la déflagration, qui, selon des témoins a creusé un cratère d’un mètre de profondeur et de deux mètres de diamètre. Des policiers ont indiqué qu’une personne au visage brûlé avait été arrêtée alors qu’elle tentait de fuir. Plusieurs hauts responsables de la police, en civil et en uniforme, dont des généraux se relayaient sur les lieux. Le ministre de l’Intérieur, Habib al-Adli s’est lui aussi rendu sur place.

Regain de tension

Cet attentat est le premier visant des touristes en Egypte depuis les trois attentats anti-israéliens synchronisés qui avaient fait 34 morts dans la station balnéaire de Taba (est du Sinaï) et dans deux camps touristiques des environs, il y a exactement sept mois, le 7 octobre 2004.
Selon des témoins, il y a dix jours, des touristes hongrois avaient été attaqués à l’arme blanche à Khan al-Khalili, par plusieurs inconnus, sans que l’on sache s’il s’agissait d’un attentat les visant en tant que touristes ou d’une altercation privée.
L’Egypte a été le théâtre d’une vague de violence islamiste dans les années 1990 qui a fait plus de 1.500 morts mais le calme était revenu dans le pays après que la principale organisation islamiste armée égyptienne, la Jamaa Islamiya, eut renoncé à la violence, en 1998.
Le dernier attentat de cette vague de violence avait été le plus meurtrier. Perpétré à Louxor (sud) en novembre 1997, il avait fait 58 morts, dont la majorité étaient suisses.
Cette vague de violences avait eut un impact désastreux sur les recettes touristiques de l’Egypte, premières ressources du pays.

Source: Nouvelobs

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