Victimes d’agressions sexuelles en série, les femmes égyptiennes en seraient les seules responsables d’après des élus islamistes. Ces mêmes élus, cherchant une solution pour mettre un terme à ces crimes, ont déclaré que les femmes « attirent parfois le viol ».

Être une femme politisée, c’est être une proie pour les agresseurs ? D’après les Frères musulmans les Egyptiennes qui s’exposent dans les manifestations n’ont pas leur place dans ce genre de regroupement, où elles seront nécessairement exposées à leurs agresseurs, d’après le site d’information égyptien Bikyamasr.

Lors d’une réunion de la commission du Conseil de la Choura, l’équivalent du Sénat, les commentaires des islamistes ont été pour le moins surprenants concernant ce fléau qui menace chaque jour les Egyptiennes. « Les femmes ne doivent pas se mêler aux hommes pendant les manifestations », a déclaré Reda Al-Hefnawy, du Parti de la liberté et de la justice. Comment peut-on demander au ministère de l’Intérieur de protéger une femme qui se trouve au milieu d’un groupe d’hommes ? » Alors qu’un autre élu du parti salafiste Hizb El-Asala a estimé que « les femmes attirent parfois le viol en se mettant dans une situation qui en fait des objets de viol. »

Même les femmes, y mettent leur grain de sel. Mervat Ebeid, une élue issue du parti des Frères musulmans, a exhorté les femmes de « réfléchir à deux fois » avant de participer à des manifestations politiques « de façon à ne pas être la proie de délinquants sexuels et de voyous armés qui commettent des viols. »

Ainsi les membres de la commission du Conseil de la Choura ont recommandé l’instauration de « lieux déterminés pour les manifestations féminines. »  Encore une fois, les femmes doivent se retirer de l’espace pour ne pas être victimes de ces agresseurs, qui restent impunis la plupart du temps.

Les Egyptiennes sont perpétuellement victimes d’agressions physiques et sexuelles, et les initiatives se multiplient pour dénoncer ces injustices. Et pourtant les violences à l’encontre des femmes ne cessent de se produire en Egypte. D’après Ezzedine El-Komi, membre des Frères musulmans, « 24 cas de viol ont été signalés place Tahrir ces derniers jours. » Ce dernier estime que « personne ne fait quoi que ce soit pour lutter contre cette tendance troublante. » Alors que différentes campagnes de lutte contre ce fléau ont été mises en place, des cours de self-défense ont été proposées aux femmes, une carte géolocalisant les agressions, la « harrassmap » a été mise en place. Quoiqu’en pensent les islamistes, d’autres personnes luttent pour que les femmes aient la liberté de circuler dans leur propre pays, sans être accusées d’attirer sciemment les agresseurs.

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