El Mouradia Présidence

La Présidence de la République va consommer un budget qui dépassera les 104 millions de dollars en 2015. C’est ce que nous apprend le  projet de loi des Finances 2015, dont les principaux axes ont été révélés par le gouvernement.

Selon la répartition prévue dans le cadre des dépenses de fonctionnement public, la Présidence de la République prendra une part de  8 387 854 000 DA, soit plus de 104 millions de dollars. Il s’agit d’un budget important, qui se rapproche par exemple de celui du ministère de la Jeunesse, fixé à plus de 176 millions de dollars, et dépasse largement le budget du service du Premier ministre, fixé à plus de 45 millions de dollars. Ces chiffres confirment ainsi que la Présidence de la République sous le règne d’Abdelaziz Bouteflika est devenue réellement « budgétivore ». A titre d’exemple, en 1999, la Présidence de la République n’avait qu’un budget de 23 millions de dollars.

Ce nouveau budget est toutefois légèrement en baisse par rapport à celui de 2013, lequel avait été fixé à 124 millions de dollars. Une légère baisse qui ne suffit pas pour démentir ce constat dressé depuis l’accession de Bouteflika au pouvoir : la Présidence algérienne vit dans un faste insolent alors que d’autres départements ministériels, chargés de répondre aux besoins vitaux des Algériens, disposent d’un budget limité et restreint.

Cette dotation budgétaire soulève aussi plusieurs questions au sujet de la gestion de ces fonds au niveau de la Présidence de la République. À quoi sert tout cet argent lorsqu’on sait que le Chef de l’état est gravement malade et que ses activités sont presque totalement suspendues ? Même pour ses voyages à l’étranger, il est représenté par le Premier ministre ou d’autres hauts cadres de l’État. Que va-t-il donc faire avec 104 millions de dollars ? Aucune transparence n’est au rendez-vous en la matière.

À titre de comparaison, l’Élysée, siège de la Présidence française, a bénéficié d’un budget de 100 millions d’euros pour 2015. La Présidence algérienne est donc aussi riche que la Présidence française qui préside, pourtant, aux destinées d’une importante puissance économique. Cherchez l’erreur !