Le service militaire constitue un énorme obstacle pour les jeunes diplômés en quête d’un emploi. Ce constat amer a été dressé, pour la première fois, par un haut dirigeant de l’Etat. En effet, le président du parlement algérien, Mohamed Larbi Ould Khelifa, a reconnu publiquement que le service militaire, obligatoire pour tous les jeunes Algériens, empêchent les jeunes diplômés et chômeurs de trouver un emploi. 

Selon Larbi Ould Khelifa, le service national cause réellement problème aux jeunes Algériens notamment ceux qui sont diplômés de l’université. Il faudrait donc revoir les mécanismes de ce service militaire, d’une durée de 18 mois, afin de soulager les jeunes chômeurs martyrisés par la misère sociale, a-t-il confié  en marge des travaux d’une journée parlementaire sur « L’emploi entre réalité et espoirs » organisée dimanche à l’Assemblée populaire Nationale (APN). C’est la première fois en Algérie qu’une personnalité politique influente procède à la remise en cause du service militaire. Il est à rappeler que les autorités algériens ont, ces dernières années, dispensé du service militaire des milliers de jeunes algériens. Mais les jeunes diplômés n’ont pas bénéficié grandement de ces dispenses et demeurent recherchés par les casernes.

Pour rappel, d’après le code de service national de 1974, le service militaire est obligatoire en Algérie pour tous les hommes âgés de 19 ans révolus. En 2002, sa durée a été réduite, passant de 2 ans à 18 mois. Le service national algérien se réalise en deux temps, les 6 premiers mois sont consacrés à une formation militaire de base, tandis que les 12 suivants sont consacrés à des projets civils (administratifs, économiques ou sociaux).  Signalons enfin que de mars 2011 au 2 mai 2013, 90 193 citoyens Algériens, dont 1604 résidants à l’étranger, âgés de 30 ans (ou plus) et n’ayant pas effectué leur service national, ont été régularisés.