En Algérie, «les juges se montrent très fermes uniquement quand il s’agit de simples citoyens»

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Justice à deux vitesses, conditions de détention insupportables et une liberté peu respectée : le rapport annuel de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des Droits de l’Homme est des plus sévères.

Selon le rapport de la CNPPDDH, dont des extraits ont été rendus public par El-Khabar, la justice algérienne est à deux vitesses. « Les juges se montrent très fermes dès qu’il s’agit de simples citoyens, mais ils le deviennent mous dès qu’il s’agit de personnes influentes dans le pouvoir économique, politique ou administratif », a écrit le rapport de l’organisme rattaché à la présidence de la République.

L’institution de Farouk Ksentini ne s’arrête pas là. Elle met en cause les conditions de détention, malgré « des améliorations constatées » suite à la construction de nouvelles prisons.

La commission Ksentini n’est pas non plus tendre avec la corruption, devenue, selon elle, « un sport national ». «La corruption est extrêmement préoccupante en Algérie où elle a atteint des proportions extrêmes insupportables », a-t-elle soutenu. « Il faut une lutte sans merci contre cette gangrène qui sévit particulièrement dans le secteur économique public. Ce fléau dégrade l’image de l’Algérie », a-t-il ajouté, précisant que « chaque fois qu’il y a un marché public important, il y a des acteurs qui commettent des irrégularités. »

Pis encore, le document recommande que des personnes qui vont gérer les organismes de lutte contre la corruption « soient des personnes irréprochables ». Ce qui n’est pas le cas actuellement, précise la CNPDDH.

E.W

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