viand Les récentes promesses faites par les pouvoirs publics en matière de régulation du marché des viandes pourront-t-elle arrêter la frénésie des prix durant le mois sacré? La sortie médiatique du DG de la société de gestion des participations de la production animale (SGP/PRODA) ne semble aucunement estomper les craintes des citoyens. Kamel Chadi, président du directoire des SGP des productions animales au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, avait annoncé sur les ondes de la radio nationale que les prix des viandes blanches sont fixés à 250 DA/kilo et ceux des viandes rouges à 680 DA/kilo durant le mois de Ramadhan au niveau de 80 points de vente répartis sur 19 wilayas. Il a précisé que ces prix ont été fixés dans le cadre d’une convention signée avec les abattoirs relevant de la société et des bouchers, notamment au niveau des grandes villes. Selon le même responsable, l’application de ces prix a pris effet mercredi au niveau de 60 points de vente avant de s’élargir durant le Ramadhan à 80 points dans 19 wilayas. Il a ajouté que les abattoirs se sont engagés à fournir tous les inputs nécessaires aux éleveurs et à acheter la production des éleveurs à des prix très avantageux. Les éleveurs seront assurés d’une marge de bénéfices appréciable. Sur le terrain c’est un autre son de cloche.

Flambée au lieu de baisse

Malheureusement au lieu de cette baisse promue par les pouvoirs publics, les consommateurs assistent impuissants à une flambée spectaculaire des prix de la viande dans les marchés. Les viandes rouges ne décollèrent pas et même les viandes congelées n’ont pas été épargnées par les flammes de la spéculation. Le kilo de viande congelé cédé il y a quelques semaines à 380 dinars et proposé aujourd’hui à 480 dinars soit une majoration de 100 dinars de quoi donner du tournis aux ménagères. Les viandes rouges affichent des prix exorbitants. Il a suffit une seule journée pour que les prix de l’agneau passent de 760 dinars à 920 dinars voire 950 pour le tout venant, les parties nobles ou sans os étant beaucoup plus chères. Le prix du cœur ou du foie dépasse facilement les 1.300 dinars le kilo, un prix douloureusement élevé qui décourage les consommateurs les plus téméraires. Le kilogramme de veau tout venant est proposé au-delà des 900 dinars. Les viandes blanches voient rouges. Le prix du kilogramme de poulet jadis à 220 dinars a subitement sauté à 340 dinars, les bouchers accusent les conditions climatiques et la flambée des prix du gros. Le prix du kilo de dinde a aussi pris l’ascenseur. Le kilo de dinde est négocié à partir de 580 dinars. Les prix en prendront pour leurs aises durant le mois de Ramadhan et comme d’accoutumé c’est le pauvre citoyen qui sera plumé par les vautours de la spéculation. Les assurances du gouvernement sont un prêche dans un désert… de coyotes.

B.M.
Avec Le Financier

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