La chronique économique hebdomadaire d’Hassan Haddouche

Cette fois ça y est, le crédit immobilier est en train de décoller. Les chiffres communiqués dernièrement  ne laissent aucun doute. Tous les acteurs bancaires s’y mettent, même si la compétition reste largement dominée par le tandem CNEP banque – BDL.

 

 

Au printemps dernier, la Banque d’Algérie avait déja signalé une croissance accélérée des crédits immobiliers aux ménages en 2011. Une augmentation estimée à près de 19 % pour l’année dernière. Les informations communiquées ces derniers mois par les banques, notamment la CNEP et la BDL, renforcent la tendance et semblent montrer que les résultats sont enfin au rendez-vous. Il faut dire que depuis quelques années les pouvoirs publics ont mis le paquet pour y parvenir et que le crédit immobilier est devenu un de leurs enfants chéris.

Des conditions très avantageuses

C’est dans le but de stimuler son développement que la LFC 2009 a créé un dispositif de bonification des taux d’intérêt extrêmement avantageux pour les emprunteurs. Ce dispositif, dont est exclue la seule auto construction se traduit dans la plupart des cas par un taux d’intérêt effectif qui ne dépasse pas 1%. Ce qui en période d’accélération de l’inflation constitue une véritable aubaine pour les emprunteurs. Ces derniers ne  s’y trompent d’ailleurs  pas et les banques algériennes doivent gérer depuis près de 2 années maintenant un afflux sans précédents de demandes de crédits. Le revers de la médaille est constitué par des délais de constitution et de traitement des dossiers qui sont souvent fort longs et atteignent couramment selon divers témoignages près de 3 mois en raison principalement du nombre  toujours excessivement  élevé de documents à produire.

Après avoir connu quelques retards, la mise en place de ces mesures est effective dans la plupart des banques publiques depuis le début de l’été 2010. Les banques privées ont été un peu plus longues à l’adopter. L’insistance du régulateur a conduit la plupart d’entre elles à proposer ce produit à partir du mois d’octobre 2010.

La CNEP toujours  en tête des bilans

Les bilans disponibles traduisent un engouement incontestable. Le palmarès reste dominé par la CNEP Le nombre de crédits accordés l’année dernière par la « banque de l’habitat » était déjà en hausse de près de 25% et dépassaient  les 21 000 dossiers traités, tandis que le montant des crédits accordés explosait, littéralement, et représentant  plus de 36 milliards de dinars, en hausse de 50% par rapport à 2010. Les derniers chiffres , non encore rendus public, pour le premier semestre 2012 indiquent que la tendance ne fléchit pas. Le nombre de crédits est de nouveau en hausse de près de 25% au cours des premiers mois de l’année en cours.

La CNEP a surtout été concurrencée au cours des dernières années par la plus petite des banques publiques algériennes, la BDL, qui a fait de ce créneau l’un des moteurs de sa croissance. Une stratégie confirmée et renforcée en 2011. La BDL a accordé l’année dernière plus de 6 600 crédits immobiliers aux ménages pour un montant total de 7,6 milliards de DA, en hausse de 54% par rapport à 2010. L’importance de l’augmentation observée dans ce type de crédits en 2011 s’explique, selon le directeur des crédits aux particuliers de la banque, M. Nouredine Neddir, par “la mise en place du crédit immobilier à taux bonifié, qui a dopé le marché des demandes de crédits logements” ; sur les 7,6 milliards de DA de crédits immobiliers accordés par la BDL en 2011, plus de 60%, soit 4,8 milliards de DA sont des crédits à taux bonifiés.

Les banques privées suivent…

Les  banques  privées  avaient manifesté, jusqu’à une période récente,  plus de réticences vis-à-vis d’un produit dont le développement restait, selon un banquier privé, contrarié principalement par «l’insuffisance de l’offre de biens ainsi qu’ une spéculation importante qui fait que le prix des biens disponibles dépasse souvent de beaucoup la capacité  d’endettement des clients des banques ».  Certaines de ces banques, à l’image de Société générale Algérie ou de BNP Paribas el djazair semblent depuis le dernier trimestre 2010 avoir changé leur fusil d’épaule et s’être décidées à exploiter résolument les opportunités offertes par le nouveau dispositif  gouvernemental. Ainsi qu’en témoignent les vastes campagnes publicitaires lancées dès la fin de 2010  pour la promotion des produits « Marhaba » et « Immo + ». Explication d’un spécialiste du dossier: « les augmentations de salaires des  dernières années, combinées à la réduction des taux d’intérêt ,ont changé la donne et renforcé sensiblement  la solvabilité des demandeurs de crédit ». Les résultats pour 2011 indiquent que le nombre de crédits accordés par SGA ont «  fait la culbute » pour la deuxième année consécutive pour atteindre le montant de 3 milliards de dinars. Une différence importante à souligner entre banque publiques et privées. Le montant moyen des prêts accordés par la CNEP est proche de 1,5 millions de dinars. Les banques privées semblent sélectionner une clientèle plus aisée avec un montant moyen de prêts d’environ 3 millions de dinars pour Société générale Algérie.

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