Lors de sa visite dans la 2ème Région militaire, le chef de l’Etat-Major de l’armée nationale et populaire, Ahmed Gaïd Salah a prononcé un discours très inquiétant où il explique que notre pays fait face à des « ennemis extérieurs ». 

« Il ne faut pas omettre, surtout pour notre jeunesse, que l’Algérie a des ennemis qui n’ont jamais cessé de lui manifester leur rancœur, ce qui exige de nous tous une extrême vigilance et conscience de ces défis, afin de mettre en échec leurs conspirations », a affirmé le général sans nommer ou expliquer précisément de quels ennemis il s’agit réellement. Cet « appel à la guerre » qui ne dit pas son nom témoigne d’un certain état d’esprit qui caractèrise en ce moment les dirigeants de notre pays. Des dirigeants qui recourent régulièrement au vocabulaire de la guerre pour parler à la population. Et pourtant, paradoxalement, l’Algérie traverse une période très paisible après avoir vaincu les groupes terroristes.

Une victoire qui ne semble pas suffire pour garantir la paix dans notre pays à entendre le général Ahmed Gaïd Salah dont le langage militaire est si brutal qu’il inspire l’inquiétude aux Algériens et leurs partenaires étrangers. Notre pays a-t-il besoin d’un tel positionnement en cette période de crise financière où l’ouverture vers les investisseurs est plus que jamais nécessaires ? Quelle image auront les bailleurs de fonds internationaux de notre pays si nos propres dirigeants affirment continuellement que nous sommes « en danger » ? Pour Ahmed Gaïd Salah, « le monde d’aujourd’hui, comme vous le savez tous, n’a de place que pour les puissants, et c’est pourquoi l’Algérie, contre le gré de ses ennemis, doit être forte par son armée et ses propres potentiels ». Notre général-major semble ignorer qu’un pays se développe en exploitant tous ses potentiels et non pas uniquement son armée. Notre Chef d’état-major est-il conscient que les puissants de ce monde sont d’abord des puissances économiques et culturelles ? Quoi qu’il en soit, le discours du général Ahmed Gaïd Salah relève aisément de la « politique de la peur ». Celle qu’utilise nos dirigeants pour manipuler volontairement les craintes de notre population afin de réaliser leur objectif ultime : le maintien au pouvoir.