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Et si la 3G attendue comme le messie, décevait les internautes algériens ?  L’arrivée de cette technologie n’offre pas la certitude d’un bouleversement numérique. C’est en tout cas ce que pense Moussa Benhamadi, le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, pour lui la 3G « n’est pas une fin en soi »

On aurait pu espérer un peu plus d’enthousiasme de la part du gouvernement après tant de rebondissements et de retard pour l’introduction de la 3G en Algérie. Le projet a atteint sa dernière phase et devrait permettre à cette technologie d’apparaître enfin dans le paysage algérien. «Tout est fin prêt pour le lancement de la 3G et même de l’après 3G», a précisé Moussa Benhamadi au micro de la Chaîne I, mardi dernier. Et d’ajouter, il «ne reste plus que la signature du décret ministériel fixant son lancement officiel.» Toutefois, malgré cette bonne nouvelle, le ministre prend des précautions lorsqu’il évoque le projet, un projet justement, qui ne suscitera pas la révolution numérique tant attendue en Algérie.  » La 3G n’est pas une fin en soi. Son introduction en Algérie est une opération moins importante que celle destinée à équiper l’Algérie en fibre optique », a prévenu le ministre.

Internet pour tous

Avant de crier victoire, il faudra donc attendre d’équiper tout le pays, afin ne pas créer de disparités au sein du territoire national. « L’Algérie souffre d’une fracture numérique avec les pays riches. Nous ne pouvons pas recréer cette fracture en Algérie, en différentes régions, en dotant certaines régions de systèmes les plus avancés alors que d’autres demeurent dépourvus de tout. A côté de la 3G, il faut des réseaux puissants, des appareils performants ainsi qu’un maillage de toutes les régions du pays « , a expliqué le ministre. Le ministre a enfin précisé qu’il ne faut pas s’attendre à une importante amélioration du débit internet, qui est mauvais « à cause du faible taux de pénétration de la technologie de la fibre optique et du manque de sécurisation des équipements. »

Il faudra donc patienter et attendre les résultats de la connexion au réseau régional et international,  par « deux câbles sous-marins, Alger-Palma et Annaba-Marseille, relient l’Algérie au monde, et un troisième, reliant Oran à Valence, en Espagne, seront bientôt réalisés. Les travaux commenceront avant la fin de l’année. […] Il s’agit d’une étape décisive dans la réussite de l’introduction de la nouvelle technologie de la 3G et sa fiabilité à long terme », a-t-il encore expliqué.

La 3G ne serait donc qu’une étape pour M. Benhamadi alors que de nombreux experts en TIC voient en cette technologie, un tremplin évident pour l’économie numérique du pays, voire un bouleversement de l’usage d’Internet.

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