Farouk Ksentini président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme / DR

« Nous n’avons strictement rien à cacher. Nous sommes prêts à livrer à notre interlocutrice toutes les explications qu’elle demande et tous les éclaircissements qu’elle est susceptible de nous demander, relativement à cette question qui est une question douloureuse », a déclaré  ce mercredi 19 septembre Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), à la Chaîne III de la Radio nationale.

En parlant d’interlocutrice, Farouk Ksentini fait allusion au Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, en visite à Alger,  Mme Navanethem Pillay.

« C’est une question sur laquelle nous avons beaucoup travaillé et à laquelle l’Etat algérien a apporté une solution. Peut-être que ce n’est pas une solution totale, mais en tout cas, c’est la plus grande partie de la solution  qui y a été apportée », a-t-il affirmé. « Les organisations onusiennes avaient fait une erreur d’appréciation, en considérant que l’Algérie ne faisait pas la guerre au terrorisme, mais faisait la guerre à la population civile, ou à une opposition armée, ce qui était faux », a-t-il ajouté. « Elles s’en sont aperçues tardivement, après les évènements du 11 septembre 2001. Les choses ont pris un autre cours depuis lors, mais, il faut absolument les faire revenir totalement sur leur mauvaise appréciation », souhaite-t-il.

Soulager les familles algériennes

Quant aux cas d’éventuels disparus dont la situation n’a pas été encore réglée, M. Ksentini a indiqué que « le dossier est clos si l’on s’en  tient aux dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ». « Nous sommes dans l’obligation d’observer les dispositions de la loi, d’autant plus que cette loi a fait l’objet d’un referendum qui a été voté à  la proportion de 85 %, mais il n’empêche qu’il y a des dispositions complémentaire à apporter », a-t-il expliqué.

M. Ksentini indique que «l’une des revendications des familles de disparus, c’est la réhabilitation de ces derniers…Les disparus n’ont pas à être confondus avec les terroristes, ce qui extrêmement important pour eux, pour leur descendance et pour la mémoire des disparus ». « Il faut peut être envisager un statut pour les disparus,  et même une journée nationale pour eux, de façon à ce que ce phénomène extrêmement pénible et douloureux qu’à connu l’Algérie ne se réitère pas à l’avenir », suggère-t-il.

Plus de 95% des familles de disparus ont apporté leur approbation  au principe d’indemnisation. « Ces familles ont été indemnisées et ont accepté  de tourner la page », a-t-il  avancé.

M. Ksentini a indiqué que « le nombre exact des disparus était de 7 200, chiffre considérable, recensé par les services de gendarmerie nationale dans les 48 wilayas du pays ». « Il y avait les chiffres de 18 000 ainsi que celui de 30 000 qui avaient été avancés sans donner des noms et des dossiers…Il fallait nous donner les requêtes des familles pour qu’on les examine. Jamais des documents ne nous ont été présentés. ll n’ y a absolument aucune raison pour que nous puissions douter des chiffre établis par les services de la gendarmerie », lance-t-il.

Agents de l’Etat qui ont eu un comportement illicite 

M. Ksentini a reconnu que « durant la décennie noire et dans le cadre de la lutte anti-terroriste, il y a eu des dépassements, mais que les disparitions n’étaient pas voulues ou organisées par l’Etat, mais c’était plutôt l’œuvre d’agents de l’Etat qui ont eu un comportement illicite ».

Au sujet des déportés du Sud, considérés comme « les oubliés » de la charte pour la paix et réconciliation nationale, M. Ksentini a fait savoir qu’ils avaient fait l’objet d’un rapport élaboré par la CNCPPDH, transmis au chef de l’Etat. Il a souligné « la nécessité de ne laisser personne  au bord de la route, et que l’Etat ne faillira pas à son obligation ».

R. N.

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