bna L’interdiction aux banques d’octroyer des crédits à la consommation aux particuliers, annoncée dans le cadre de la Loi de finances complémentaire 2009, concerne tous les établissements financiers exerçant en Algérie. La mise au point est venue la fin de la semaine dernière du ministère des Finances. Dans une correspondance ministérielle adressée aux établissements financiers spécialisés à l’instar de Cetelem (filiale de BNP Paribas), Credal (filiale de la Société générale en attente d’agrément), Maghreb Leasing… la tutelle a tenu à mettre fin à l’amalgame qui a suivi la publication de la Loi de finances complémentaire 2009. «Les mesures concernant la suspension des crédits à la consommation annoncées dans le cadre de la Loi de finances complémentaire 2009 concernent toutes les banques et les établissements financiers exerçant en Algérie sans aucune exception», précise-t-on dans ce document.

Suite à ce rappel à l’ordre, les établissements spécialisés et en particulier Cetelem se sont conformés immédiatement à cette nouvelle circulaire. Les antennes de la filiale de BNP Paribas ont été destinataires d’une note interne pour stopper le traitement des nouveaux dossiers de demandeurs de crédits à la consommation. La précision du ministère de tutelle a été accueillie avec scepticisme par les établissements financiers dont les activités dépendent totalement des crédits à la consommation. Ces établissements spécialisés vont devoir mettre la clé sous le paillasson et une grande partie de leurs personnels risquent d’être mise à la porte. Ces établissements spécialisés seront ainsi contraint de réduire leurs activités au minimum c’est-à-dire le recouvrement de leurs créances estimés à des dizaines de milliards de dinars.

L’amalgame

Pour revenir à l’amalgame survenu dans la Loi de finances complémentaire, l’article 75 concernant l’interdiction faite aux banques en matière d’octroi de crédits à la consommation ne contenait aucune disposition explicite concernant l’interdiction faite aux établissements spécialisés d’activer sur ce segment. L’article 75 du texte mentionne que «les banques ne sont autorisées à accorder des crédits aux particuliers que dans le cadre des crédits immobiliers», et donc à aucun moment, il n’est fait référence aux organismes spécialisés. Profitant de cette omission dans l’article 75, les établissements spécialisés ont accéléré ces derniers jours le traitement des dossiers des demandeurs de crédits automobiles pour faire le maximum de profits. Les établissements spécialisés avaient poursuivi la réception des dossiers de demandes de crédits jusqu’à 4 août dernier ce qui a poussé le ministère des Finances à réagir. Les banques avaient suspendu, quant à elles, leurs activités sur ce segment dès le 30 juillet dernier. En dehors des crédits à l’immobilier, aucune banque, qu’elle soit publique ou privée, n’a le droit de prêter aux particuliers. L’ABEF (association des banques et établissements financiers) qui a été la première a relevé l’amalgame a saisi le ministère des Finances pour plus de précisons quant à la lecture de cet article. Il est à noter que Cetelem Algérie traverse une situation difficile du fait du volume de crédits qu’elle a accordés sans pour autant pouvoir se refinancer sur le marché monétaire. Pour cet organisme qui a accaparé en un temps record plus de 45% de marchés dans les crédits à la consommation, sa principale et unique activité, la préoccupation est désormais d’optimiser les remboursements, voire les recouvrements des prêts qu’elle a octroyés.

R.T.
Le Financier

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