Le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé hier , entre autres, la création prochaine d’une nouvelle banque de l’Habitat. Il a affirmé en outre qu’une réforme touchant le secteur financier dans son ensemble était en cours.

«Le système financier, notamment les banques et les sociétés financières publiques, ont besoin, de façon indispensable et urgente, d’une réforme de leurs modes de gestion afin qu’elles deviennent des instruments efficaces au service de l’économie nationale. Les banques publiques, à l’état actuel, fonctionnent comme des guichets de gestion des comptes».

Ce constat sévère n’est pas celui d’un leader de l’opposition,  mais celui du premier ministre ,M. Tebboune, qui  a précisé dans une conférence de presse, animée juste après l’adoption par les membres du Conseil de la nation d’une résolution de soutien au Plan d’action du gouvernement, que «l’action de son gouvernement vise à faire sortir les banques nationales de ce mode classique de gestion pour qu’elles deviennent une vraie locomotive pour la relance de la croissance et l’accompagnement du climat général des affaires et de l’investissement».

Bientôt une banque de l’habitat

On connait l’intérêt et la priorité encore réaffirmée récemment par M. Tebboune pour le secteur du logement. Le Premier ministre a annoncé que des études sont en cours pour la création d’une nouvelle banque qui portera le nom de « Banque de l’Habitat », en commun entre la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (CNEP-Banque) et la Caisse nationale du logement (CNL) et qui prendra en charge tous les dossiers en relation avec le financement de l’habitat et de l’immobilier.

Attirer l’argent de l’informel

Comment mobiliser l’argent de l’informel ? C’est un thème devenu classique pour les gouvernements des dernières années qui ont tous cherché à le faire avec plus ou moins de succès. M.Tebboune a réaffirmé l’attachement de l’appareil exécutif à « attirer la masse monétaire colossale circulant dans le marché parallèle vers le circuit formel », affirmant que le gouvernement «étudiera plusieurs options en impliquant des experts et spécialistes en finances, en vue de fixer des mécanismes pratiques à même de mener à bien cette opération, et consolider, de ce fait, les ressources de l’Etat à travers une masse monétaire permettant de soutenir les équilibres budgétaires du pays pour une période de plus de 3 années».

Une nouvelle institution pour mieux contrôler les deniers publics

Évoquant enfin les missions dévolues à l’Inspection générale dont la création est prévue au niveau des services du Premier ministre en vue de contrôler les deniers publics et la passation des marchés publics, M. Tebboune a indiqué que cette inspection interviendra en soutien au travail mené par les autres organismes de contrôle, écartant par là même, tout chevauchement des prérogatives avec la Cour des comptes, et l’Inspection générale des finances. « Actuellement, tous les ministères et les sociétés ont leurs propres inspections », a-t-il rappelé, précisant que « la future Inspection générale constitue l’inspection des inspections ministérielles et des Collectivités locales ».

Yazid Taleb

 

 

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