Avant le 8e de finale des Verts contre l’Allemagne, lundi 30 juin lors du Mondial de football brésilien, la rencontre avait beaucoup été assimilée en Algérie à une revanche du “match de la honte” de 1982. Mais depuis quelques jours, la presse française ressasse elle aussi la fameuse Coupe du Monde espagnole et la demi-finale des Bleus perdue face à la Mannschaft (3-3, 5-4 après tirs au but). Même si les hommes de Didier Deschamps lavent l’affront ce soir (coup d’envoi à 17 H, heure algérienne) en s’imposant face à la sélection allemande, pas sûr que les Français oublient la terrible injustice qu’ils ont ressenti il y a 32 ans.

8 juillet 1982, stade Sanchez Pizjuan de Séville. Après des phases de poule plus ou moins poussives pour les deux équipes, la France et son jeu créatif retrouvent le physique et la rigueur allemande dans le dernier carré de la compétition. Belle opposition de style, qui tourne d’abord à l’avantage de la RFA après un premier but inscrit par Littbarski à la 17e minute. Égalisation de Michel Platini sur penalty à peine dix minutes plus tard. Les deux formations regagnent les vestiaires sur un score de parité de 1 partout.

C’est alors, exactement 12 minutes après la reprise, que se produit l’événement qui traumatisera toute une génération de Français. Le gardien allemand Harald « Toni » Schumacher tamponne Patrick Battiston dans un choc d’une rare violence. Le milieu de terrain tricolore gît au sol, inconscient. Évacué du terrain en urgence, il aura une vertèbre fracturée et y laissera trois dents. Le portier allemand, lui, préfère chambrer les supporters français plutôt que de s’excuser. Il n’est même pas sanctionné par l’arbitre néerlandais M. Corver.

Galvanisés, les Bleus inscrivent deux buts coup sur coup au cours de la première période de prolongation, par Marius Trésor (93e) puis Alain Giresse (98e). Mais encore une fois, le match bascule après une décision arbitrale pour le moins contestable. Les Allemands ont bien récupéré le ballon, mais en laissant sur leur passage deux joueurs français au sol. Ils recollent donc à 3-2, puis 3-3 après un superbe retourné acrobatique de Fischer. La suite on la connaît : la première séance de tirs au but de l’histoire de la Coupe du Monde voit la RFA s’imposer 5 à 4, avant que la Mannschaft ne s’incline lourdement en finale contre l’Italie (3-1).

S’inspirer des Algériens

Le « traumatisme de Séville 82«  pour la France est comparable aux traces laissées par le « pacte de non-agression de Gijon » dans l’histoire du football algérien. Mais comme pour les Fennecs de 2014, presque aucun des Bleus n’était né à l’époque et ne parle aujourd’hui de « revanche ».

Comme en résonance aux deux événements, le sélectionneur tricolore Didier Deschamps a pourtant déclaré jeudi 3 juillet en conférence de presse que son équipe devait s’inspirer du jeu algérien si elle voulait battre l’Allemagne. La bonne méthode pour exorciser ces vieux démons et se qualifier pour les demi-finales? Réponse ce soir.