Le tribunal de Nanterre (banlieue parisienne) doit rendre mardi son verdict dans le procès Khalifa. L’ancien magnat et dix de ses proches sont jugés pour délit de banqueroute par dissimulation ou détournement d’actifs.

Le verdict de ce procès très médiatisé sera rendu demain, mardi 7 octobre, au tribunal de Nanterre. En juin dernier, le parquet avait requis 3 ans de prison contre Rafik Khalifa, jugé pour avoir, au moment de la liquidation de son groupe, dissimulé un certain nombre d’actifs.

Lors des débats de juin 2014, les avocats de Rafik Khalifa avaient d’eux-mêmes souligné le luxueux train de vie de leur client. « Il se sentait l’Algérie à lui tout seul », avait déclaré l’un de ses avocats, Me Jean-Yves Le Borgne à l’AFP. Mais selon Me Le Borgne, qui évoquait l’hypothèse d’un « transfert en France par l’entremise du groupe Khalifa de certaines fortunes d’origine inconnue », Khalifa n’a été qu’une « marionnette devenue gênante ».

Ce procès n’a donc pas permis de lever toutes les zones d’ombre. « Quelle était l’origine de la fortune de Rafik Khalifa? De quels soutiens a-t-il bénéficié? Pourquoi a-t-il été soudainement lâché par ses protecteurs? Autant de questions qui restent en suspens et dont la réponse se trouve à Alger », indiquait, en juin déjà, une source judiciaire à l’AFP.

Celui qui était un moment surnommé le « Bill Gates africain » avait construit, à la fin des années 90, un empire dans les secteurs de la banque, des produits pharmaceutiques, des médias et des transports. Mais en novembre 2002, les opérations bancaires de son groupe avaient été gelées, à la suite de malversations décelées à Alger. Quelques mois après, début 2003, le groupe était placé en liquidation. Un effondrement qui avait causé un préjudice de 1,5 à 5 milliards de dollars pour l’État algérien et les épargnants.

Khalifa avait ensuite été arrêté à Londres en 2007, puis extradé à Alger en décembre 2013, et condamné par contumace à la réclusion perpétuelle par le tribunal de Blida, notamment pour association de malfaiteurs et faillite frauduleuse.

L’ancien golden boy doit être rejugé en Algérie. Selon le ministre de la Justice, Tayeb Louh, « tous les dossiers soumis à la justice déboucheront sur un procès public, conformément aux procédures pénales en vigueur ».