Pour Laurent Mucchielli, les actes d’antisémitisme en janvier étaient liés à l’offensive israélienne à Gaza. Il note que la France « condamne plus sévèrement le racisme antijuif que le racisme antimaghrébin ».

L’antisémitisme en France serait dans une tendance de fond de tassement régulier. C’est ce qu’estime le sociologue Laurent Mucchielli, dans une étude publiée sur le site internet blog.claris.org.

« Le pic d’actes antisémites effectivement constaté en janvier 2009 s’explique par une raison conjoncturelle bien précise: la guerre de Gaza », écrit ce spécialiste des questions de délinquance, ajoutant que le même phénomène avait déjà été observé au début de la deuxième Intifada en 2000.
Il n’y a pas d’augmentation tendancielle de l’antisémitisme en France, estime-t-il, citant un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (www.cncdh.fr) selon lequel 90% des Français considèrent que « les Juifs sont des Français comme les autres » (contre 66% en 2000 et 35% en 1946).

Un pays « philosémite »

Il pense au contraire que « la France est plutôt un pays ‘philosémite’ qui condamne plus sévèrement le racisme antijuif que le racisme antimaghrébin ».
Pour lui, le discours du président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) sur le « retour » de l’antisémitisme « masque une incapacité des institutions juives de France à prendre leurs distances vis-à-vis de l’Etat israélien, ce qui est le pendant et l’amplificateur de l’incapacité de nombreux Français maghrébins à distinguer la politique israélienne de la communauté juive en général ».

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