Abdou-Semmar1Heureusement que l’Amérique Latine existe. Oui, heureusement ! Ce continent fournit aujourd’hui le seul contingent d’hommes braves et intègres qui ont le courage de dire à l’ogre israélien ses quatre vérités. Cette partie du monde connue pour ses révolutionnaires, ses penseurs contestataires et ses populations assoiffées de liberté et de justice ont donné une véritable leçon d’humanisme aux autres pays de la planète depuis le début de l’agression israélienne contre la population de Gaza.

Une leçon de courage et de vaillance car les pays de l’Amérique Latine ont été en pointe dans la condamnation des crimes israéliens. Mieux encore, ils ont rompu leurs relations diplomatiques avec Israël et musclé leurs discours politiques. Une véritable gifle pour les Arabes qui continuent à utiliser la Palestine comme un fonds de commerce. Oui, uniquement un fonds de commerce car beaucoup de ces pays arabes soi-disant solidaires en toute heure avec les palestiniens et leur longue lutte pour l’Indépendance composent clandestinement avec un État israélien criminel et profondément raciste.

Oui, c’est le président de la Bolivie Evo Morales, l’une des principales figures de la gauche radicale latino-américaine, qui a placé la semaine dernière Israël sur une liste «des États terroristes» ! Oui, ce dirigeant s’appelle Evo Morales et non Abdel Fattah al-Sissi, le Président égyptien qui soutient à peine publiquement cette agression clandestine au nom d’une certaine lutte contre l’islamisme des Frères Musulmans dont le Hamas est un fervent allié. Morales ne ressemble pas à Al-Sissi et il le fait savoir. Preuve en est, Morales, le dirigeant qui connaît la valeur de la dignité et de la liberté, a supprimé tout bonnement un accord d’exemption de visa entre la Bolivie et Israël.

Et pendant ce-temps-là, en Égypte ou en Jordanie, les officiels israéliens peuvent circuler quand ils veulent et presque tous les accords ont été maintenus au moment où des dizaines et dizaines d’enfants palestiniens sont assassinées sur des plages sous les yeux du monde entier. Oui Morales ne ressemble à aucun de ces Émirs du Golfe qui préfèrent dépenser leurs milliards en Europe en achetant des clubs de football au lieu de financer la Résistance Palestinienne. Ces Emirs et roitelets sont les champions du discours lorsqu’il s’agit de parler de «l’unité  de la nation musulmane», mais  en vérité, ils n’arrivent même pas à la cheville du Président vénézuélien Nicolas Maduro qui a comparé publiquement l’agression israélienne à «une guerre d’extermination menée depuis presque un siècle» à l’encontre du peuple palestinien. Une attitude aussi engagée est devenue presque rare dans ce Monde Arabe où les compromissions avec les représentants de politique criminelle israélienne sont cultivées depuis belle lurette.

Preuve en est, au Maroc, qui assume son statut d’«allié» d’Israël, le «Roi des Croyants» Mohammed VI a pris l’initiative le 31 juillet 2013 de décorer Malcolm Hoenlein du Wissam alaouite du degré de « Grand Officier », une distinction très prestigieuse au Maroc. Mais qui est Malcolm Hoenlein ? C’est tout bonnement le  vice-président exécutif de la conférence des présidents des organisations juives américaines, connu pour être « le bras diplomatique du lobby israélien aux USA ». Le principal soutien aussi aux USA de la politique criminelle d’Israël à l’égard des Palestiniens. Dieu merci, la présidente brésilienne Dilma Rousseff n’est pas aussi obséquieuse que le Roi du Maroc. Elle n’est peut-être pas la Reine des Croyantes, mais elle n’a pas hésité à qualifier de «massacre» l’offensive de l’État israélien contre Gaza. Rousseff est allée jusqu’à geler les relations diplomatiques entre le Brésil et Israël en rappelant la semaine dernière pour consultations son ambassadeur à Tel Aviv. Dilma Rousseff a provoqué par la suite un véritable bras de fer diplomatique avec Israël. Ce que n’ont pas voulu faire des pays très arabes comme l’Égypte, la Jordanie ou l’Arabie Saoudite dont les rapprochements secrets  avec Tel-Aviv sont de plus en plus importants.

Fort heureusement, en Amérique Latine, il n’y a pas d’équivalent à l’Arabie Saoudite ou le Qatar puisque le Pérou, l’Equateur, le Chili ou le Salvador ont tous rappelé pour consultations leurs ambassadeurs en Israël.  De même que le Costa Rica, l’Argentine, qui compte la plus importante communauté juive de la région, a quant à elle convoqué au ministère des Affaires étrangères l’ambassadrice d’Israël. Ces pays ne développent pas la même hypocrisie à l’égard de la question palestinienne : une pseudo-solidarité affichée dans les salons et une complicité secrète avec Israël. Hommes comme des Latinos et Hypocrites comme des Arabes, c’est finalement la leçon que nous apprend la tragédie de Gaza. La question palestinienne ne doit plus rester cantonnée aux frontières géographiques du monde arabe. C’est une question universelle. Les dirigeants de l’Amérique Latine ont montré qu’ils étaient plus dignes de défendre l’innocence des enfants de Gaza que ces leaders et rois arabes vautrés dans le vice de la complicité.