Trois ans de prison ferme on été requis par le procureur de la République auprès de la Cour de Ghardaïa contre le jeune blogueur Youcef Ould Dada, accusé pour deux chefs d’inculpation, à savoir, « atteinte à l’intérêt de l’Etat », et « outrage à corps constitué ». Les membres de la LADDH et ses avocats sont optimistes quant à sa libération.

Un collectif d’avocats constitué de représentants de la LADDH, de la RADDH ainsi que ceux du FFS a été constitué pour défendre le jeune blogeur, Youcef Ould Dada, un mozabite habitant de Ghardaïa, qui a filmé un agent de police en train de cambrioler un commerce en marge des affrontements communautaires. Le verdict de ce procès est mis en délibéré le 1er septembre prochain.

Contacté par Algérie-focus.com, l’avocat et membre de la LADDH, Khellil Moumen, reste plutôt optimiste. « On s’attend à une décision positive, car vu les conditions dans lesquelles s’est déroulé le procès, et le dossier que nous avons présenté, Youcef Dada sera acquitté. C’est tout ce que nous souhaitons », espère-t-il. « Le dossier présenté par la police n’est pas fiable. L’enquête interne à la police concernant l’implication de ses agent n’est pas encore aboutie, alors comment condamner quelqu’un alors que l’enquête se poursuit encore », ajoute-t-il encore. « En cas d’une décision négative, nous comptons saisir la Cour suprême, mais on en est pas encore là. Nous espérons que Youcef Ould Dada sera acquitté », prévient Khellil Moumen, membre de la direction de la LADDH.

Dans un communiqué rendu public mardi, la LADDH a appellé à « a libération immédiate de M. Ould Dada et l’arrêt des poursuites judiciaires dont il fait l’objet ».  Les rédacteurs de cette déclaration s’interrogent sur les « les tenants et les aboutissants de cette affaire, surtout qu’elle ne contribue guère à l’apaisement de la situation à la vallée du M’Zab, qui connait un cycle interminable de violence touchant à la sécurité des biens et des personnes de cette région du pays ». La LADDH rappelle que « la diffusion des vidéos sur internet relève de la liberté d’expression des citoyens qui ont le droit de rapporter et de témoigner sur des faits délictueux ou criminels avérés sans se sentir menacer ou intimider dans leur activisme sur le net ».

Pour rappel, Youcef Ould Dada est accusé d’avoir posté sur internet une vidéo mettant en scène des policiers entrain de commettre un vol, lors des troubles qui ont secoué la vallée du M’Zab au mois de décembre 2013. Il a été traduit en justice, et condamné à deux ans de prison ferme lors d’un procès en première instance, le 10 juin dernier.

Arezki IBERSIENE