Les étudiants de l’École préparatoire des sciences et techniques d’Alger (EPSTA) sont en grève depuis samedi dernier. Ils protestent contre les mauvaises conditions dans lesquelles ils sont obligés d’étudier.

« Les motifs de notre grève sont, en chacun d’eux, une bonne raison de ne pas se taire », écrivent les étudiants de l’EPSTA dans une lettre adressée à la rédaction d’Algérie-Focus. Samedi dernier, ils ont décidé de lancer une grève illimitée afin de protester contre les conditions d’études qui leur sont imposées.

« Sur le site officiel de l’école, des conditions de travail adéquates nous ont été promises […] Mais les conditions réelles d’étude ne sont en rien comparables », expliquent les élèves. Ils rappellent que l’EPSTA accueille « des étudiants de haut niveau » pour les préparer aux concours d’entrée des grandes écoles d’ingénieurs du pays. Une telle sélectivité pourrait laisser penser que les étudiants de l’EPSTA, qui travaillent dur pendant leurs années préparatoires (45 heures par semaine, 6 jours sur 7), jouissent de conditions d’études privilégiées.

Les élèves de l’EPSTA manquent de tout

Mais il n’en est apparemment rien. « Un nombre considérable de cours est donné pour deux sections (soit une soixantaine d’étudiants) dans des salles qui ne peuvent en accueillir plus de 40 », s’indignent les rédacteurs de la lettre. Ils dénoncent également l’absence de salles de travaux pratiques. « Une formation d’ingénieur sans travaux pratiques n’a aucun sens », notent-ils. « Nous n’avons même pas un établissement propre à notre école, nous étudions avec les lycéens du lycée Émir Abdelkader ! », soulignent-ils encore.

Les étudiants doivent également composer avec l’absence de cantine. « Nous devons sortir acheter par nos propre moyens de quoi nous nourrir, alors que notre pause de déjeuner ne dure pas plus de 30-40 minutes. C’est un vrai calvaire et une course contre la montre pour avoir tout juste le temps de déjeuner », peut-on lire dans la lettre.

Dernier élément mis en lumière par les rédacteurs de la lettre, « les étudiants sont obligés de se déplacer par leurs propres moyens ». Il n’y a en effet pas de transport prévu, « ce qui est très problématique car la sortie des cours est à 17 heures, et le risque de ne pas trouver de transport à cette heure là est élevé ».

« La goutte d’eau qui a fait exploser le vase »

Comme l’écrivent les étudiants dans leur lettre, « toutes ces conditions constituent le quotidien des élèves de l’EPSTA depuis la création de l’école en 2008, mais la goutte qui a fait exploser le vase c’est le chantier qui a débuté cette année au lycée […] À 5 mètres de nos classes, des tracteurs, marteaux piqueurs, et autres outils de chantier engendrent des bruits infernaux, et ce pendant nos cours. Les élèves et les professeurs n’en peuvent plus, on n’entend même plus nos professeurs parler ! »

Épuisés par ces travaux, les étudiants ont donc organisé un vote pour décider collectivement des actions à entreprendre. « La majorité des étudiants ont voté pour la grève sans hésiter », explique l’un deux. La grève est aussi organisée qu’elle est démocratique. « Des représentants de chaque section de première et deuxième année ont été désignés par vote. Et des délégations on été choisies pour aller au ministère et à l’ONOU [Office national des œuvres universitaires, ndlr] afin de faire part une fois de plus de nos demandes et de nos conditions », ajoute-t-il.

Les étudiants se disent soutenus de manière implicite par les professeurs, qui subissent eux aussi les conditions déplorables dans lesquelles ont lieu les cours. Par ailleurs, des réunions sont régulièrement organisées avec l’administration. Selon les rédacteurs de la lettre, l’administration « n’est pas contre la grève mais nous demande de patienter ». « Un mot trop souvent utilisé pour être écouté », concluent-ils, déterminés cette fois-ci à ne pas se contenter de promesses.