Pour éradiquer, ou du moins atténuer, l’épineuse crise du logement, les pouvoirs publics ne savent vraisemblablement plus sur quel pied danser. Les budgets astronomiques alloués au secteur ces quinze dernières années n’ayant pas permis la réalisation des millions de logements promis, voilà qu’aujourd’hui, le gouvernement décide de recourir, à nouveau, à la très controversée option du préfabriqué.

En effet, un haut responsable du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville (MHUV), cité par l’APS, a indiqué hier que neuf entreprises étrangères ont été admises pour créer, en partenariat avec des sociétés algériennes, des usines de préfabrication de logements en Algérie.

« Après cette première étape de validation, une short-list sera établie à partir de ces neuf entreprises avant fin juin prochain, et ce, après un avis de présélection nationale et internationale restreint », précise-t-on de même source. Parmi ces entreprises, chinoises, émiraties, turques, italiennes et espagnoles, celles qui seront définitivement retenues, devront créer des joint-ventures avec des entreprises nationales, conformément à la règle 51/49%, pour « pouvoir s’installer définitivement en Algérie », ajoute-t-on de même source. « D’ailleurs, souligne-t-on, en outre, quatre des neuf entreprises admises prévoient, si elles sont définitivement retenues, des partenariats avec les nouveaux groupes publics issus de la restructuration de la Société de gestion des participations de l’Etat (SGP) Indjab, qui représente l’outil public de réalisation. »

Décidé à aller au bout de sa démarche, le gouvernement promet des avantages considérables à ces futures entreprises mixtes, notamment en termes d’accès au foncier industriel, de facilités fiscales et parafiscales ainsi que d’écoulement de ces logements préfabriqués, étant donné que le MUHV a prévu « des protocoles d’accord portant engagement des promoteurs publics à l’achat de la totalité des logements produits par ces entreprises pendant cinq ans. »

Déjà utilisé dans notre pays durant les années 70-80, ce procédé a été abandonné par les autorités de l’époque en raison de son inefficacité. « Le taux moyen de rentabilité (nombre de logements produits par rapport aux capacités de réalisation) de ces systèmes était de 40% et le taux moyen d’intégration des corps d’état secondaires ne dépassait pas les 30% », a reconnu le cadre du MUHV. Raison pour laquelle, et tant d’autres, dont notamment la vulnérabilité de ces construction dans les régions à forte activité sismique, comme c’est le cas dans le nord du pays, des experts en la matière se sont élevés pour dénoncer le recours à cette technique.

Pour faire avaler la pilule et défendre leur choix, les pouvoirs publics veulent faire croire que les techniques utilisées aujourd’hui sont plus performantes que celles des années 70. A cela, argumente-t-on, s’ajoute l’expérience cumulée par le passé à même de permettre une meilleure maîtrise de ce procédé. « La nouvelle approche consiste à tirer profit de l’expérience acquise en matière de préfabrication pour passer à l’industrialisation de logements qui s’avère nécessaire face aux capacités limitées de réalisation en Algérie », a noté le responsable du MUHV.

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