Alors que le pays traverse une difficile crise financière, le gouvernement demeure pratiquement paralysé en raison des spéculations qui circulent massivement et annonçant un prochain remaniement ministériel destiné à relancer la machine décisionnelle en panne depuis le début de cette année 2017.

Un remaniement qui ne sera que partiel, nous assurent ce mardi des sources très proches de la Présidence de la République. Abdelaziz Bouteflika et ses conseillers ainsi que ses proches veulent se contenter d’un simple petit remaniement partiel d’ici la tenue des élections législatives au début du mois de mai prochain. Quand au remaniement profond qui devra changer totalement la configuration du gouvernement, il devra être décidé après les élections législatives, nous apprennent nos sources. Et pour l’heure, 4 ministres sont sur la sellette en raison de leur bilan médiocre et gestion contestable.

A la tête de ces ministres, nous retrouvons Abdelmalek Boudiaf, l’actuel ministre de la Santé dont l’image est actuellement sérieusement entachée au niveau du Palais d’El-Mouradia depuis l’incroyable polémique sur le médicament RHB  qui a porté préjudice à la crédibilité de l’Algérie au niveau international. En dépit de ses visites successives sur le terrain, Abdelmalek Boudiaf déçoit la Présidence car les résultats ne sont guère en sa faveur. Aucune amélioration notable n’a été apporté aux structures de la santé publique et les relations du ministre avec le corps médical sont empoisonnées.

Hamid Grine, le ministre de la Communication, figure parmi les ministres controversés qui pourront quitter bientôt le gouvernement. Son amitié avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ne le prémunit pas contre la colère de la Présidence qui voit d’un mauvais oeil sa gestion improbable du secteur médiatique. Les médias publics demeurent dépourvus de toute influence sur l’opinion publique, l’élaboration des cahiers de charges régissant l’activité audiovisuelle souffre également de plusieurs incohérences qui renforcent l’anarchie du paysage médiatique algérien. En réalité, le gouvernement semble avoir besoin d’un autre profil, un genre de porte-parole beaucoup plus charismatique et disposant de réseaux au sein de la presse internationale.

Azzedine Mihoubi, l’actuel ministre de la Culture n’est plus dans les bonnes grâces de la Présidence de la République et même son mentor, Ahmed Ouyahia, semble vouloir le lâcher en raison du déclin caractérisé qui marque le secteur de la culture dans notre pays. De nombreux artistes, écrivains, cinéastes et autres se plaignent régulièrement de l’inefficacité du ministre et de son favoritisme. Dans plusieurs institutions culturelles, les copains de monsieur Mihoubi se sont arrogés des prérogatives douteux.

Le dernier département qui devrait être touché par ce mini-remaniement sera celui du Commerce. Abdelmajid Tebboune sera soulagé du poids de ce ministère et un nouveau ministre devra être nommé pour combler le vide laissé par Belaïd Bakhti, décédé récemment dans un hôpital parisien.  Soulignons enfin que ces informations sont prendre avec des pincettes car les rapports de force au sein du sérail peuvent évoluer rapidement selon les impératifs des conjonctures politiques.