Le chantre de la chanson kabyle, Idir, craint le pire pour l’avenir de la culture berbère en Algérie.  A 63 ans, et après avoir sorti un nouvel album plein d’émotion, Idir a confié sans ambages, sans faux-semblant, ses inquiétudes et ses angoisses dans les colonnes du quotidien français le Parisien. « Je vois ma culture berbère en danger. L’arabisation et l’islamisme gagnent du terrain », a-t-il alors dénoncé.

Et il n’y a pas uniquement que la situation de la culture berbère qui inquiète Idir. Cet artiste qui a dédié sa vie à la musique et à la chanson, s’inquiète beaucoup de la situation politique de son pays natal, à savoir l’Algérie.  Ses inquiétudes ont pris une dimension plus alarmante à la suite de l’attaque terroriste contre le site gazier de Tiguentourine, à In Amenas, qui s’est soldée par la mort de 38 personnes. « Cela me rend infiniment triste »,  a affirmé à ce propos  celui qui n’a eu de cesse à célébrer l’amour, la paix et la fraternité dans ses chansons.  Toutefois, Idir avoue que cette attaque  terroriste ne l’a guère étonné. Il estime même qu’elle « est le résultat de la politique menée par l’Algérie depuis l’indépendance ». « En 1962, on a retrouvé notre intégrité territoriale, c’est tout. L’Algérie est aujourd’hui une société verrouillée de l’intérieur », déplore-t-il encore.

Cependant, Idir reconnaît qu’il n’a jamais coupé le cordon ombilical avec sa patrie.  Il espère toujours revenir en Algérie pour se produire devant son public qui l’adule. Mais il prévient : « je veux y aller en toute liberté, pas sous l’égide de qui que ce soit ». « Et c’est toujours compliqué », regrette-t-il.

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