Ce matin, sur Europe 1, à propos de la détestable affaire de Durban 2, Bernard Kouchner a évoqué le programme nucléaire iranien.

Il a affirmé ceci: l’Iran « fabrique la bombe atomique et donc il faut faire tout pour qu’elle ne soit pas utilisée. »
Le problème c’est que, d’après plusieurs notes que l’on m’a lues et ainsi que je l’ai rapporté à différentes reprises dans le journal, la DGSE est loin d’être aussi catégorique que le ministre des Affaires étrangères.
Certes, les espions français ne voient pas l’utilité civile du programme atomique iranien.
Ils suspectent donc qu’il s’agit bien là d’un programme à vocation militaire.

Mais de là à affirmer que l’Iran fabrique actuellement la bombe, il y a un pas que ni la DGSE ni la CIA ne franchissent.

Au contraire, ces deux services estiment que Téhéran a arrêté ses travaux de militarisation en 2003 et qu’aucun élement nouveau porte à croire que ceux-ci aient repris.

De leurs propres aveux, la DGSE comme la CIA ignorent les intentions véritables de l’Iran (voir ici l’audition devant le Congrès de Dennis Blair, le patron du renseignement américain, le 10 mars dernier).

Les Iraniens veulent-ils construire une arme ?

Ou entendent-ils être, comme les Japonais, au « seuil « , c’est à dire être en capacité de faire une bombe en quelques mois s’il le juge utile?

Les services français et américains sont incapables de répondre à cette question décisive (peut-être d’ailleurs parce que le leadership iranien, lui-même, n’a pas encore tranché).

Il est dommage qu’au moment où des négociations vont s’ouvrir avec Téhéran, Bernard Kouchner ne présente pas l’état réel de ce débat majeur au sein de l’administration française et parmi les Occidentaux.

Viencent Jauvert
Source: Nouvelobs

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