Hier, Nicolas Sarkozy a dénoncé « l’ampleur de la fraude » en Iran.

Pourquoi va-t-il si loin?

Aucun autre pays ne l’a fait.

Même les Britanniques, d’ordinaire très sourcilleux sur ces sujets, se sont contentés d’émettre de « sérieux doutes » sur les résultats.

Et Barack Obama s’est seulement déclaré « très troublé » par la répression.

Certes, on peut légitimement dire, comme l’éditorialiste Pierre Rousselin dans le Figaro de ce matin, que la prudence des anglo-saxons – et de la Maison Blanche en particulier- s’explique par le passé et leurs multiples ingérences désastreuses dans les affaires intérieures de l’Iran.

Autrement dit, la France serait la seule audible sur le sujet.

Mais Nicolas Sarkozy l’est-il vraiment?

Faut-il rappeler qu’avant même l’annonce officielle du résultat de l’élection présidentielle en Algérie, le chef de l’État a félicité Bouteflika pour sa victoire obtenue avec 90% des voix – un score dont « l’ampleur » n’a pas semblé troubler Nicolas Sarkozy?

Faut-il rappeler qu’il s’est empressé de féliciter, avant tout le monde, Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev pour leurs succès électoraux dans les conditions que l’on sait, avec les fraudes massives qui ont été documentées et alors qu’à la différence d’Ahmadinejad Poutine et Medvedev n’ont jamais accepté de débattre à la télévision avec leurs opposants.

Faut-il enfin rappeler que Nicolas Sarkozy a félicité Ben Ali pour « les progrès de la démocratie en Tunisie » et qu’il a déclaré de Tunis où sont emprisonnés quantité de prisonniers politiques et où les élections sont aussi démocratiques qu’en RDA: « je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais de m’ériger en donneur de leçons » sur ces sujets.

Crédible vraiment?

Vincent Jauvert
Nouvelobs

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