Le président français, Nicolas Sarkosy, s’apprête à aller jouer les pompier au Moyen-Orient et faire le médiateur entre Israël et le Hamas. C’est l’occasion pour republier un article qui relate sa rencontre avec les juifs de France à l’occasion du dîner annuel donné par le Crif en 2008. Sarkozy n’a pas fait que prendre le souper, il a surtout promis des choses.

« Je m’engage à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël »: voilà ce que vient de déclarer le président français.

Durant la campagne présidentielle, les opposants répétaient à l’envi que Sarkozy est un homme caractériel et lunatique, alors que ses courtisans le présentaient comme l’homme providentiel pour une France qui doute de l’avenir. Après huit mois aux manettes, Sarkozy multiplie les frasques, donnant, de facto, raison aux premiers, tout en embarrassant les seconds qui retiennent leur souffle à chacune des sorties médiatiques de leur champion.

Lâché pour ne pas dire lynché par la presse, en chute libre dans les sondages, Sarkozy perd pied, alimente la polémique et laisse perplexe sa cour. Diversion ou perdition ? Dans les deux cas le président français inquiète. Non sans raisons.

Prenons pour exemple que les plus récentes.
En effet, Sarkozy vient de jeter un nouveau pavé dans la mare en proposant que dès la prochaine entrée scolaire chaque élève la de CM2 devrait être associé à un enfant victime de la Shoah. L’annonce a eu l’effet d’une bombe chez les enseignants et les historiens. Même Simone Veil, gardienne du temple de la mémoire des déportés juifs, a tiré la sonnette d’alarme en qualifiant cette proposition de « dramatique » et « d’injuste ».

Pour honorer la mémoire des enfants juifs morts dans les camps nazis, les enfants français devraient, selon Sarkozy, porter la tunique de Nessus. « Inimaginable » s’indignait encore Simone Veil. La proposition a été in fine rejetée par les instances concernées. Mais, ce n’est que partie remise.

Faut-il préciser, que le président français n’a jamais caché sa sympathie pour Israël, qu’importe d’ailleurs si ce pays outrepasse les limites de l’entendement international.

D’ailleurs, Sarkozy ne c’était pas fendu , du temps où il était encore ministre de l’intérieur, d’une déclaration d’amour à Israël sur une chaine de télé française à grande audience alors que Tsahal larguait ses bombes sur la population libanaise, pendant la guerre contre le Hizbollah. « Je suis l’ami d’Israël » avait-il lancé sur TF1.
Les libanais qui comptaient leurs morts entre temps ont surement apprécié ce petit rappel. Qu’il tienne à Israël, c’est son droit, mais de là à en faire une obsession, il y a de quoi s’interroger.

Un journal français en ligne (1), relaye le désarroi du gouvernement tunisien, suite à une déclaration pour le moins indélicate de Sarkozy lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui est passé inaperçue. « Je m’engage à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël » (sic !) avait-il à l’adresse des invités. Soit. Mais qu’en sera-t-il pour ceux qui dénient le droit aux Palestiniens de vivre dans un Etat libre et souverain ? Motus, bouche cousue. Pas de poignée de mains donc avec les opposants. Une petite accolade peut-être, realpolitik oblige !

D’autant, que cette énième glissade, met hors d’eux, les marchands d’armes de l’hexagone, pour qui le business ne doit pas s’encombrer de considérations sentimentales.

Fayçal Anseur

1- bakchich.info

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