L’expert international en économie et président de l’Association algérienne de développement de l’économie de marché (ADEM), Abderrahmane Mebtoul, a déclaré mardi à la PANA à Alger que le gouvernement algérien ne devrait pas prendre à la légère la crise économique mondiale actuelle « qui est structurelle et non conjoncturelle« , mais plutôt anticiper les risques avec la création d’un comité indépendant de sauvegarde contre les effets de cette crise.

Le président de l’ADEM a vivement condamné l’attitude de certains responsables algériens « ne voulant pas voir la dure réalité en face en affirmant que la crise mondiale ne touche pas l’Algérie ».

« Les tenants de ce discours, des fonctionnaires aux ordres, veulent vivre d’illusions, en espérant l’envolée du cours du pétrole et du dollar. Du fait de la profondeur et la durabilité de la crise actuelle et de ses effets inévitables sur l’ensemble de la société algérienne, il faut éviter la cacophonie et la légèreté des déclarations des différents responsables sur ce sujet« , a-t-il déclaré.

Selon le Dr Mebtoul, il y a urgence de la création d’un comité indépendant de sauvegarde contre les effets de la crise, la sécurité nationale étant en jeu.

Ce comité restreint, loin de toute lourdeur bureaucratique, sous l’autorité directe du président de la République, « comme dans tous les pays développés », sera composé d’experts nationaux de haut niveau, a-t-il proposé.

« Ce comité pourrait faire appel exceptionnellement à des expertises extérieures et devra travailler en réseaux avec les structures locales directement concernées comme le ministère de la Défense nationale, le ministère de l’Intérieur, des Finances, la Banque centrale d’Algérie et le ministère de l’Energie et des Mines« , a ajouté l’économiste algérien.

Le Dr Mebtoul a souligné aussi l’importance de mettre l’accent sur la communication pour atténuer les effets de la crise. « Ce comité devra utiliser l’ensemble des médias et notamment la télévision officielle en donnant ses résultats tous les deux mois par un dialogue direct avec la société afin de la sensibiliser. Ce n’est qu’à travers ces démarches que l’Algérie pourra éviter les erreurs de la crise de 1986 et ses effets dévastateurs pendant plus de 10 années« , a-t-il précisé à cet effet.

Selon l’analyse du président de l’ADEM, les années 2009/2010 seront caractérisées par une forte dépression (les ondes de choc pouvant aller au-delà de 2013/2014) et les Bourses du monde entier subiront des pertes sans égales depuis les années 1929/1934. Il a relevé que l’effondrement des marchés financiers est accompagné du déclin de l’économie réelle qui durera plusieurs années.

L’urgence pour l’Algérie au plan économique, a-t-il indiqué, est de passer d’une économie de rente à une économie productive indépendante des hydrocarbures, en s’appuyant sur quatre piliers: l’entreprise, le savoir, l’organisation en réseaux et la Bonne gouvernance liée à l’Etat de droit.

« Il faut notamment une lutte efficace contre la corruption, qui s’est socialisée, démobilisant la population. Et investir prioritairement dans les secteurs de la Santé et de l’Education« , a recommandé l’expert en économie.

Pour l’agence africaine PANA et algerie-focus.com

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