Qui ne se souvient de l’évasion spectaculaire du baron de la drogue Oussama Henniche, dit «Oussama Escobar», de la prison d’El Harrach survenue l’année dernière? Arrêté par la suite à Mostaganem, celui-ci a été jugé pour cette fuite et a été condamné, au mois d’octobre dernier, à cinq ans de prison ferme. Un verdict qui n’avait pas été du goût du parquet général qui avait fait appel.

Hier, le prévenu est passé devant la chambre pénale près la Cour d’Alger. Le parquet ne veut ni plus ni moins que la requalification des faits liés au délit d’évasion en «crime consistant  à diriger une association de malfaiteurs», des accusations passibles de 10 à 20 ans de prison ferme. Le procureur veut tout faire pour alourdir la sanction. La décision sera prononcée dimanche prochain.

Le passage d’Oussama Escobar devant la chambre pénale près la Cour d’Alger a révélé de nouveaux éléments dans cette affaire, sans toutefois aller au fond des choses. Comment un prisonnier peut-il s’évader de la prison d’El Harrach réputée pour être l’une des mieux gardée d’Algérie ? Les pot-de-vins «offerts» à des gardiens de prison ou la «complicité» de son avocate suffisent-elle à expliquer la réussite du plan d’Oussama Escobar ? Selon ce dernier, son plan lui coûté dix milliards de centimes. Il s’est même offert un téléphone portable, à la prison de Koléa (avant son transfert vers El Harrach), acheté chez l’un des gardiens contre la somme de 50 millions de centimes.

Le mis en cause a indiqué qu’il avait planifié son coup avec l’un de ses amis, un certain Ferhat, trafiquant de drogue lui aussi, dès son incarcération. C’est une voisine à lui, l’avocate L. Zahira, relevant du barreau de Sétif, qui l’a assisté en lui octroyant entre autres un badge «visiteur» qu’elle n’a pas restitué «sciemment» aux gardiens de la prison. Selon ce trafiquant, celle-ci agissait sous la contrainte puisque son complice Ferhat a kidnappé son enfant et menacé de s’en prendre à lui si jamais elle refusait de les aider.

Pour le reste, Oussama Escobar a affirmé que les 18 autres «complices» sont innocents, y compris son père qui lui a transmis une tenue d’avocat en «méconnaissance» de cause.

Rappelons que ce trafiquant à pu passer cinq portes sécurisés de la prison d’El Harrach, en se faisant passer pour un avocat (tenue et badge visiteur) avant de se retrouver à l’extérieur. Il a ensuite rejoint le Maroc, avant de revenir quelques semaines plus tard en Algérie pour la confection de faux documents d’identité, ce qui lui a coûté son arrestation à Mostaganem.

A noter qu’il a également nié toute implication d’agents du DRS comme il l’avait affirmé au mois d’octobre dernier.

En tous cas, le parquet général veut une peine beaucoup plus lourde dans cette affaire qui avait défrayé la chronique.

Elyas Nour

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