Rafik Khalifa a été condamné, ce mardi 23 juin, à une peine de prison de 18 ans ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars pour « association de malfaiteurs ». La ligue algérienne des Droits de l’Homme (LADDH) dénonce la « volonté du pouvoir de liquider » une affaire gênante.

« Nous ne commenterons ce pas verdict puisque, dès le départ, ce procès ne réunissait pas toutes les conditions pour être équitable. Une partie des personne qui devaient être convoquées, voire inculpées ne l’ont pas été. D’autres, convoqués comme témoin, ne se sont pas présentés à la barre », lance d’emblée Me Salah Debbouz, président de la Ligue algérienne des Droits de l’Homme (LADDH), joint ce mardi par nos soins. Pour ces raisons, ce dernier dit préférer ne pas réagir à la décision du tribunal criminel de Blida dans l’affaire Khalifa. Il regrette, cependant, un « procès expéditif » qui dénote de la « volonté du pouvoir de liquider et se débarrasser » de cette affaire compromettante.

Pour la Ligue algérienne des Droits de l’Homme (LADDH), Rafik Khalifa n’est, en réalité, que la partie visible de l’iceberg, qui renferme un scandale d’une importance plus grave encore. « Cette affaire dépasse de loin la personne de Rafik Khalifa. La responsabilité de l’Etat algérien est entièrement engagée », estime Me Salah Debbouz, qui pointe du doigt la responsabilité du gouverneur de la Banque d’Algérie, à l’époque Mohamed Laksaci, pour avoir délivré un agrément au sulfureux entrepreneur ainsi que celle de Mourad Medelci, au ministère des Finances durant les années fastes de Rafik Khalifa. Mourad Medelci occupe, depuis 2013, le poste de président du Conseil constitutionnel. Et d’ajouter : « Des anomalies avaient été relevées bien avant la faillite de la banque Khalifa, mais rien n’a été rendu public. On l’a donc laissé faire ».

Extradé de Grande-Bretagne en décembre 2013, l’ex-banquier Rafik Khalifa, qui comparaissait depuis le 4 mai au tribunal criminel de Blida, a fini par être condamné. L’homme d’affaires algérien, qui régnait sur un petit empire à la fin des années 1990, a été condamné à 18 ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars pour « association de malfaiteurs », « vol », « faux et usage de faux », a-t-on appris ce mardi 23 juin. Le tribunal criminel de Blida a également ordonné la saisie de ses biens.

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