L’Algérie devrait continuer à siéger à l’Union pour la méditerranée (UPM), malgré les objections élevées à l’issue de la réunion de Marseille en novembre dernier et, surtout, en dépit des 1.500 palestiniens froidement assassinés à Gaza par Israël qui, rappelons-le, siège également à l’UPM.

Interrogé sur le dossier de l’UPM par la radio algérienne internationale, début janvier dernier, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, n’a pas dit un mot sur le génocide de Gaza ni émis la moindre critique vis-à-vis des criminels israéliens.
En revanche, il n’a pas hésité à s’étaler sur les décisions «extravagantes» prise lors de la réunion de Marseille, tenue en novembre dernier, et le caractère «politique» et pléthorique de son secrétariat : «Il (Le secrétariat général Ndr) doit être une structure souple et technique pour suivre la mise en œuvre des projets retenus.», a-t-il assuré en ajoutant que la délégation algérienne «a défendu le principe de demeurer dans l’esprit de la Déclaration de Paris du 13 juillet dernier, adoptée par les chefs d’État présents lors de la conférence fondatrice de l’UPM. Nous avons insisté sur le respect de la Déclaration de Paris et nous considérons que seuls les chefs d’État peuvent l’amender.» Mais sur les massacres, rien. Il est vrai que n’est pas «fort comme un turc» et vaillant comme Erdogan qui veut.

Le président Bouteflika n’ayant, lui non plus, fait aucun commentaire sur le sujet, on comprend que l’Algérie restera sans doute au sein de l’UPM, malgré les appels de la société civile et plusieurs personnalités politiques algériennes.

Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit là de la sacro-saint realpolitik qui ne tient compte d’aucune considération humanitaire ou de droits de l’homme, sensiblerie inacceptable dans le monde d’aujourd’hui.

L’affaire Bernard Kouchner, comme beaucoup d’autres, le démontre amplement. Et les élections présidentielles étant à moins de trois mois, Abdelaziz Bouteflika, candidat pour un troisième mandat, ne veut sans doute pas mécontenter les dirigeants des puissances occidentales, seuls à même d’apporter un tant soit peu de crédit à des présidentielles boycottées par des candidats sérieux.

La solidarité avec les «frères palestiniens» et les engagements envers les peuples opprimés sont ainsi sacrifiés sur l’autel des ambitions politiques.

Ramdane Ouali pour Algeire-Focus.com

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