mercedes_logo L’usine de Bouchekif de Tiaret a été choisit par le groupe émirati Aabar à qui appartiennent des actions du constructeur allemand Daimler pour la fabrication de véhicules Mercedes destinés au ministère de la Défense nationale. Les détails de ce projet ont été divulgués la fin de la semaine dernière par le président du conseil d’administration d’Aabar, Khadem Koubeissi. L’usine devra atteindre une capacité de production annuelle de 10.000 véhicules de type 4×4 à l’horizon 2012 pour un investissement estimé à 172 millions de dollars.

Le ministère de la Défense nationale va s’offrir ainsi des voitures allemandes de hautes qualités pour équiper ses troupes. Pour réussir le projet rien n’est laissé au hasard. Les Emiraties vont assurer le financement de ce projet, les constructeurs allemands de renommés (Man Ferrostaal, Deutz MTU, Daimler et Rheinmetall) sont chargés du coté technique et le ministère de la Défense nationale en conjointe collaboration avec la SNVI aura la mission de superviser le déroulement du projet. La fabrication de véhicules militaires ne sera pas réalisée uniquement avec les moyens locaux. En d’autres termes, l’usine de Tiaret sera une unité de montage des véhicules Mercedes, les pièces en particulier les moteurs et les systèmes de suspension seront importées directement de l’Allemagne. L’usine de Tiaret va aussi fabriquer des engins blindés destinés au transport des troupes pour un coût de 200 millions d’euros.

Sauver la SNVI

Concernant les deux autres projets de partenariat, il s’agit de la fabrication de tracteurs et d’engins de travaux publics. L’Entreprise nationale des matériels de travaux publics d’Aïn Smara et le complexe moteurs-tracteurs d’Oued Hamimine sont les deux projets concernés par ce partenariat. Ces projets seront un coup de fouet pour l’industrie mécanique nationale qui agonise ces dernières années. La Société nationale des véhicules industriels (SNVI) qui n’arrive pas à faire face à la concurrence acharnée des constructeurs étrangers est maintenue depuis plusieurs années sous perfusion par les pouvoirs publics. Il a fallu d’ailleurs un grand plan de redressement interne et une commande de 22 milliards de dinars pour sauver cette entreprise de la faillite. Fin juin dernier, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a passé une commande auprès de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) de 22 milliards de dinars pour l’acquisition de 1.300 minicars de transport scolaire et 2.870 camions industriels. Une petite bouffée d’oxygène pour une société publique qui croule sous des dettes estimées à 60 milliards de dinars. La société nationale enregistre un découvert de 42 milliards de dinars.

Les dettes pharamineuses ne sont pas le seul souci de la SNVI, mais d’autres menaces guettent ce fleuron de l’économie nationale et notamment la concurrence acharnée imposée par les concessionnaires qui ont réussit à grignoter, ces dix dernières années, des parts importants du marché local. La part du marché de la SNVI estimée il y a quelques années à 40% a chuté à 15%. La principale cause de cette dégringolade est les délais de livraison trop longs. Pour revenir au protocole d’accord signé entre le gouvernement algérien et le groupe émirati, les trois projets devront couter un investissement de 720 millions de dollars.

B.M.
Avec Le Financier

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