Par Nassim Brahimi

Ce qui se passe à Gaza est révoltant, frustrant, ignoble et odieux, au même titre que les différentes réactions, gesticulations et aberrations qui l’entourent, de part et d’autre, d’un monde aveugle à outrance.
Les manifs étant haram ou illégales, il ne nous reste, à présent, que les prières pour soutenir ces Palestiniens au courage et à la fierté surnaturels.

Bref, revenons à nos moutons (et ce n’est pas une métaphore). Pour ceux qui ont raté l’essentiel de l’actualité nationale, sachez que cette fin de semaine a été surtout marquée par le retour annoncé, mais probable et hypothétique, de notre cher Liamine Zeroual.

Probablement, le seul président de l’histoire de l’Algérie qui a réussi l’exploit de laisser une bonne impression chez les Algériens. C’est vrai qu’on l’aime bien Liamine.

On se souvient de lui comme étant un homme politique sympa, dont les vibrations de la tête nous amusaient tout autant que le discours bourré d’approximations de forme.

Quant au fond, ce n’est qu’une décennie après qu’on ait découvert la profondeur politique. Comble de l’ironie, Zeroual, un militaire, un général, avait instauré le principe de l’alternance au pouvoir en limitant le nombre de mandat présidentiel.

A ce propos, n’a-t-on pas remarqué que l’Algérie est le seul pays sous-développé dont les militaires sont plus démocratiques que les civils?!

Ainsi, Zeroual aurait l’intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle, si le peuple le voulait bien, évidement.
A autre propos, n’a-t-on pas remarqué, aussi, que l’Algérie est le seul pays au monde dont les futurs présidents veulent être élus avant les élections?!

En Algérie, ce ne sont pas les programmes politiques, les projets de société ou les équations idéologiques qui carburent le mouvement de la Nation. Mais c’est, tristement, l’anticipation de la demande populaire qui donne l’impression d’une dynamique, ou la perception de l’immobilisme, c’est selon. Les rôles sont ainsi inversés. Et les potentiels candidats préfèrent choisir leurs électeurs, à défaut d’obtenir la certitude du résultat.

La démocratie à l’«algérienne» fonctionne de la sorte : Pas de programmes, pas d’ambitions, aucune légitimité politique, juste des sondages d’anticipation pour être sûr qu’une fois candidat, on sera président. C’est absurde mais c’est, néanmoins, beaucoup plus honnête que de se représenter après n’avoir pu obtenir que les voix de sa propre petite famille. Ou encore, de se lancer dans un véritable suicide politique et crier que l’on n’est pas un lièvre, comme ne cesse de nous le répéter Moussa Touati.

Ah bon? T’es quoi sinon?
Ainsi va l’Algérie. Et demain, ça sera pire.

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