«La fraude s’est invitée à tous les scrutins électoraux en Algérie. C’est une culture contre laquelle nous luttons depuis des années mais sans savoir si un jour on réussira à s’en débarrasser».

La confession d’Oussama Hocine, militant du RND à Alger-centre, et frère du candidat tête de liste du parti d’Ahmed Ouyahia dans cette commune stratégique, considérée comme la cinquième commune la plus riche en Algérie, est lourde de sens. A quelques heures de la tenue des élections locales, le 29 novembre prochain, les militants du RND redoutent une fraude massive. Ils s’attendent même à des manœuvres de coulisses que l’administration locale serait en train de préparer pour favoriser un candidat au détriment de ses concurrents.

Ecouter le RND : la fraude, faute de l’administration algérienne

Tensions en plein cœur de la capitale

La tension est donc à son comble. Les accusations et les menaces fusent de partout et le jour J, on craint et on prévoit le pire…

«Nous allons nous mobiliser pour empêcher que les votes des citoyens soient détournés. Nos scrutateurs vont rester vigilants et on dénoncera la moindre fraude. On ne se laissera pas faire», assure de son côté Bouda Azzedine.

Il figure lui aussi sur la liste des candidats du RND dans la commune d’Alger-centre où un grand rassemblement regroupant pas moins de six partis (Djil Djadid, Ennahdha, FLN, PT, RCD et RND) a été organisé mardi 26 novembre à la Place Emir Abdelkhader en plein cœur d’Alger. «Non à la fraude, oui à des élections propres et honnêtes», tel est le cri scandé par une cinquantaine de candidats de ces partis qui ont mis en garde les autorités contre toute tentative de fraude au profit de la liste du Mouvement Populaire Algérie, un ancien vice-président de l’APC d’Alger-Centre, qui aurait préparé un plan diabolique pour tricher et détourner des voix d’électeurs. Des accusations rejetées naturellement par les partisans du MPA qui dénoncent, eux, une campagne de dénigrement dirigée par leurs adversaires.

la fraude électorale, réponse du MPA en audio

Ainsi, le climat est si tendu que des bagarres et des violences ont failli éclater mardi à la place Emir entre les deux camps. Il aura fallu l’intervention des forces de sécurité pour séparer les adversaires et éviter le pire.

Si en plein cœur de la capitale, l’atmosphère électorale est délétère, inutile donc de décrire l’ambiance qui règne à l’intérieur du pays où loin des regards indiscrets des médias, les arnaques électorales sont malheureusement toujours monnaie courante. Conscient de cette triste réalité, les autorités ont multiplié les promesses pour rassurer un tant soit peu l’opinion publique. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, s’est engagé, pour sa part, à ce que ces élections soient « crédibles ». Mais comment tenir un tel engagement alors que cinquante-deux partis s’affrontent lors de ce scrutin dans plus de 1500 communes ? Un affrontement qui n’obéit pas aux règles du fair-play et du respect. Décidément, une fois encore,  les autorités se contenteront d’une présence presque symbolique pour assister à la fraude électorale…