Nouvelle journée de manifestation pour les policiers. À notre arrivée sur les lieux de la manifestation des policiers, devant l’entrée du palais présidentiel El Mouradia à Alger, à 14 H, une bonne centaine de policiers était déjà rassemblés. Des irréductibles manifestants ne veulent pas quitter les lieux tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites.

Le premier groupe d’une centaine de policiers frondeurs a été rejoint par deux autres groupes de policiers manifestants aux environs de 14h30. Une vingtaine de fourgons de policiers et autres banalisés encadrés la manifestation, les forces de l’ordre prêt à évacuer les frondeurs à tout instant.

Les officiers de police dépêchés sur place pour négocier avec les manifestants ont tenu ce jeudi après-midi la même technique de dissuasion que celle utilisée dans la nuit de mercredi pour convaincre les policiers contestataires d’embarquer dans les fourgons et bus mobilisés pour la circonstance. À savoir, négocier avec de petits groupes, et les convaincre un par un.

Les officiers de police ont compté sur la désorganisation des manifestants pour réussir leur plan. Aux environs de 15 H 30, les premiers manifestant ont ainsi commencé à monter dans les bus affrétés. Quelques instant après, environs cinq bus pleins de policiers ont démarré au niveau du rond-point situé devant le siège de la Présidence de la république, au moment où le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika recevait le prince héritier d’Abu Dhabi.

Un groupe de manifestants composé d’environ une vingtaine de policiers s’est quant à lui entêté à maintenir la grève. Ils ne disent ne pas vouloir partir, et comptent poursuivre leur mouvement. Ils se sont rassemblés dans un coin et ont commencé à chanter l’hymne nationale. Les officiers de police n’ont pas désespéré pas, et les ont rejoints aussitôt pour négocier avec eux afin d’essayer de les convaincre de partir. Quelques minutes après, les premiers manifestants de ce petit groupe commencent à monter dans les bus. Deux nouveaux fourgons plein de policiers démarrent.

Aux environs de 16 H 00, il ne reste qu’une petite poignée de policiers grévistes devant le palais El Mouradia. Parmi eux, deux ou trois récalcitrants qui ne veulent nullement quitter les lieux. Ces deux manifestants entourés de leurs collègues sont alors embarqués de force dans un bus, suivis calmement par la petite poignée de ceux qui sont resté à leurs côtés sur le lieu de la manifestation. La protestation prend ainsi fin… pour aujourd’hui.

Arezki IBERSIENE