Le ministre de la santé, de la population et de la réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès, a affirmé mardi que « la nouvelle politique nationale de la santé privilégie l’utilisation des compétences nationales, condition fondamentale pour la valorisation des efforts déployés par l’Etat pour le développement du secteur de la santé ». « L a substitution du savoir-faire national aux compétences extérieures, ainsi qu’au transfert des malades à l’étranger, qui n’est plus une vision de l’esprit actuellement, grâce aux efforts consentis pour la formation des personnels médicaux et paramédicaux, a contribué considérablement à réduire les dépenses de la santé publique », a souligné le ministre, lors d’une visite de travail et d’inspection qu’il a effectuée au CHU de Tizi-Ouzou.

Ainsi, le ministre a exprimé sa satisfaction quant à la concrétisation de cette démarche de santé publique, en visitant le Centre d’hémodialyse de cet établissement sanitaire, ou il a rendu hommage au staff médical national opérant au niveau du service de néphrologie pour  » avoir réussi à effectuer, depuis 2007 et avec des compétences à 90 pc nationales, 58 transplantations rénales, toutes couronnées de succès ».

« Une greffe rénale effectuée en Algérie revient 04 fois moins chère qu’une prise en charge de cette prestation à l’étranger », a assuré le ministre qui a fait état de l’existence d’un « projet de décret exécutif introduisant l’extension du don d’organes (reins) à d’autres membres de la famille autres que ceux prévus par l’actuelle loi », a-t-il indiqué alors qu’il visitait des malades au niveau de ce service.

Dans le but de rapprocher l’hémodialyse des malades, contraints à des séances régulières coûteuses et contraignantes. M Ould Abbès a donné son accord pour l’ouverture de deux centres d’hémodialyse au niveau des hôpitaux de Bouzguene et d’Azeffoun, qui viendront à point nommé renforcer les quatre centres opérationnels au niveau du Chu de Tizi-Ouzou et des hôpitaux de Draa El Mizane , Azazga et Ain El Hammam.

Des observations similaires ont été faites par le ministre au service de réanimation chirurgicale où sont hospitalisés des malades ayant bénéficié de la pose de la cornée de l’œil, opération ayant profité jusque-là à une dizaine de patients, selon les explications fournies au ministre par le DG du CHU, qui a assuré d’un  » franc succès de toutes les opérations effectuées puisque aucun rejet n’a été déploré » , a-t-il signalé.

Le ministre a souligné de  » consolider cette prestation médicale au niveau nationale, par la fourniture à l’échelle locale de cet organe (cornée) importé actuellement pour un coût de 200.000 da l’unité, ce que suggère le projet de décret évoqué à travers l’introduction du prélèvement d’organe sur cadavres ». La concrétisation de cet objectif permettra, selon lui, de « diminuer de moitié le coût de la pose d’une cornée ».

« Constatant, lors de cette visite, un déficit du Chu en réanimateurs au niveau du service de chirurgie d’urgence, ainsi que de pédiatres le ministre a souligné « la nécessité de combler ce manque par un redéploiement judicieux des compétences, d’autant que celles- ci ne font pas défaut au niveau de la wilaya », a-t-il estimé.

Sollicité par des députés pour l’inscription à la réalisation d’un nouveau Chu au niveau de la région, pour « désengorger l’actuel établissement datant de 1956 et faisant face , de par sa vocation régionale, à un bassin de population de plus de 04 millions d’habitants », selon leur argumentaire, le ministre a répondu qu’il « ne peut pas y avoir deux Chu dans une même ville », ajoutant que pour » dépasser cette contrainte de saturation de l’actuelle Chu , il est possible de réaliser un nouveau Chu, mais à condition de déclasser le premier pour en faire un hôpital général ordinaire ».

APS