Une proposition de loi qui supprimerait le mot « race » de 13 lois et neuf codes français a été votée jeudi soir par les députés français. Une mesure écran pour certaines associations antiracistes et antixénophobes qui ne voient pas là une réponse aux vrais problèmes de discrimination.

Il ne manque plus que le vote des sénateurs français pour que le terme de « race » n’apparaisse plus, entre autres, dans le Code pénal, le Code de procédure et la loi relative à la liberté de la presse du 29 juillet 1881. Pour les députés socialistes qui ont voté en faveur de la proposition de loi, ce n’est qu’une « première étape ». Le terme continuera pour l’instant d’apparaître dans la Constitution française mais devrait à terme disparaître également, c’était en tout cas un engagement symbolique pris par François Hollande lors de la campagne présidentielle. Rappelons que le premier article de la Constitution stipule que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

« A quoi ça rime de supprimer le mot race dans l’arsenal législatif et non dans la Constitution ? », s’est interrogé Alain Jakubowicz, le président de la Ligue internationale contre le racisme. Quant à l’association SOS Racisme, elle estime que cette mesure risque d’avoir un effet assez limité s’il n’y a pas de volonté politique derrière. « Sur le plan pratique, cette suppression de termes de notre législation – qu’il restera à compléter par leur suppression dans la Constitution – sera d’un effet nul si elle n’est pas utilisée pour relancer une logique de lutte contre le racisme et les discriminations », a affirmé l’association dans un communiqué paru vendredi.