L’Abattage des agnelles qualifié de « Haram » par le Ministre de l’Agriculture

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A l’approche du  Aid el Adha,  le ministre de l’agriculture a appelé les Algériens à ne pas sacrifier des agnelles, ou brebis pour la fête religieuse estimant que leur abattage est « haram ».

Pour répondre à l’augmentation du prix du mouton, les éleveurs abattent des agnelles / DR

Du point de vue de la loi algérienne l’abattage d’agnelles est interdit par un décret datant de 1991. Mais l’argument religieux du ministre est un peu excessif. Cette question du haram pour le sacrifice d’agnelles n’est pas évoquée dansles textes saints. Il est seulement précisé que les animaux elligibles au sacrifice sont les chamélidés, les bovins, les ovins et les caprins. 

Les seuls interdits concernent l’âge des bêtes : les animaux sacrifiés doivent avoir atteint l’âge « d’Eth-Thanniy. » Dans le cas des moutons et des brebis il s’agit des bêtes ayant terminé un an, commençant sa deuxième année. Sous ce seuil le sacrifice n’est pas valable. Par conséquent les agnelles si elles ont l’âge autorisé peuvent être sacrifiées.

L’argument religieux  contre l’argument financier

C’est sans doute le dernier argument qu’a trouvé le ministre pour dissuader les éleveurs d’abattre et de vendre des agnelles à la place des moutons. Il a dénoncé cette attitude malhonnête de remplacer les moutons par des agnelles. En effet l’abattage de brebis est favorisé en raison de son prix bas par rapport à celui du mouton, dont les tarifs montent en flèche chaque année à l’occasion de l’Aid.

Le ministère de l’agriculture donne tout de même une explication plus cohérente : ’’Pour une gestion rationnelle du patrimoine animal national et sa préservation, les citoyens (consommateurs, commerçants, éleveurs) sont appelés à arrêter l’abattage des brebis reproductrices et des agnelles’’, indique-t-on au ministère.

De plus, «l’État n’importera pas de moutons et pour l’instant nous n’avons reçu aucune demande d’importation par le privé » a précisé le ministre de l’agriculture. Pas sûr que les éleveurs respectent l’avis religieux du ministre lorsqu’il est question d’argent.

 

 

 

 

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